Football L’entraîneur de l’AS Rome Eusebio Di Francesco n’a pu qu’encenser Radja Nainggolan, buteur lors du derby contre le Lazio (2-1).

Toute la semaine, Rome a prié. Une moitié de la ville éternelle pour que Radja Nainggolan ne soit plus tracassé par ses adducteurs qui l’avaient contraint à déclarer forfait pour les deux derniers matchs des Diables. L’autre pour que le milieu ne soit pas en mesure de tenir sa place.

La veille de ce derby rendu encore plus bouillant que d’habitude par l’utilisation nauséabonde de l’image d’Anne Frank par certains tifosi laziali, un voile de doutes enveloppait encore la présence ou non de l’Anversois sur le terrain. "Mais même à 90 %, il peut jouer", avait lancé Eusebio Di Francesco comme pour mieux forcer le sort et le destin.

À croire que la supplique de l’entraîneur romain a fonctionné puisque Nainggolan restera comme l’homme de ce 147e derby en Serie A en offrant à la Louve sa 53e victoire (contre 37e à la Lazio et 57 nuls).

Dans le pressing incessant voulu par son coach, Nainggolan a été déterminant. Mordant avec envie dans les mollets adverses, se projetant avec envie vers la surface laziale. Mais il a aussi marqué son deuxième but de la saison mais aussi le deuxième dans un derby qui va encore un peu plus asseoir son statut d’icone aux yeux des supporters giallorossi.

Son but en question ? Inscrit dans son plus pur style. Sa frappe rageuse et puissante déclenchée à l’entrée de la surface (53e) quatre minutes après le penalty transformé par Diego Perotti (49e) s’est avéré déterminant tant la Lazio a cru revenir dans la foulée d’un autre penalty de l’inévitable Ciro Immobile (72e).

"J’ai marqué et j’en suis content mais ce n’est pas le plus important. Dans ce derby, ce qui importe, c’est la victoire", a expliqué le Diable Rouge en zone mixte avant d’avouer dans un sourire entendu : "Je ne voulais pas rater ce match."

Ses délais de récupération ont en tout cas fasciné son entraîneur. "Il a souffert d’une élongation il y a huit jours et cela prouve à quel point il récupère vite et à quel point il est costaud", a noté Di Francesco. "On l’appelle le Ninja mais là, je dirai que c’est un super-héros."

Qui défie les lois de la médecine à en croire Perotti qui en appelle à la science pour résoudre le mystère : "Je ne sais pas de quoi est fait son corps mais à chaque fois qu’il se blesse, il revient tellement vite. Je pense qu’il faut faire des tests scientifiques parce que de mon point de vue, il n’est pas humain."

Le débat est ouvert. Mais humain ou non, Nainggolan a du cœur, lui qui a tenu à dédier ce succès à l’un des kinés du staff romanista Alessandro Cardini qui a subi il y a 10 jours une intervention cardiaque et qui est toujours hospitalisé.