Football Accablée par deux blessures, Taeymans n’était plus montée sur le podium depuis le… 8 novembre 2015.

"Je la tiens enfin cette médaille ! Après avoir si souvent échoué au pied du podium, je peux vraiment la savourer…"

Malgré sa défaite, logique, en finale, Roxane Taeymans arborait un large sourire, ce samedi, à l’issue d’une longue journée, à Tunis. L’Anversoise de 26 ans y a, en effet, décroché sa première médaille en Grand Prix, montant également sur son premier podium international depuis le… 8 novembre 2015, à Port Louis. Après des mois d’attente et de doute, en raison de deux graves blessures, Roxane était soulagée.

Opposée à la Néerlandaise Polling, n°12 mondial, en finale des -70 kg, elle s’est inclinée face à une habituée des podiums. Polling s’est offert sa 16e médaille internationale, sa 11e en or, elle qui fut troisième au Mondial 2013.

Le combat n’a guère duré, la Néerlandaise marquant à deux reprises pour battre notre compatriote. Qu’à cela ne tienne, Roxane Taeymans a signé un superbe parcours et a marqué des points, au ranking mondial, mais aussi face à Lola Mansour et Gabriella Willems, ses rivales sur le plan national.

Exemptée du tour initial, elle a écarté la Britannique Yeatsbrown, puis la Marocaine Niang pour se retrouver en demi-finale face à l’Autrichienne Polleres. Au terme d’un combat très disputé, notre compatriote s’est imposée pour avoir le droit de disputer l’or… Une juste récompense pour cette judoka courageuse, accablée par de graves blessures ces dernières années : l’épaule en 2016 et le genou en 2017.

Le 14 mai 2016, à Almaty, Roxane fut contrainte d’abdiquer dans la course à la qualification olympique et décida de se laisser opérer à l’épaule. Après une revalidation de huit mois, elle revint le 5 février 2017, à Sofia, mais s’inclina d’emblée. Tout comme le 19, à Vienne. Puis, vint le 4 mars, à Prague, où elle perdit en finale pour le bronze face à Gaby Willems mais, surtout, se blessa au genou. Elle ne revint que trois mois plus tard, le 17 juin, à Cancun, où elle décrocha sa qualification pour le Mondial à Budapest. Roxane Taeymans n’a donc pas été ménagée. Cette médaille d’argent, méritée, est le reflet d’un mental à toute épreuve…


Sami Chouchi: "Je m'en veux"

Le Bruxellois renversé alors qu’il dominait. Lola Mansour impuissante

Il était un peu plus de 11 h, ce samedi, quand Sami Chouchi et Lola Mansour se retrouvèrent côte à côte dans le couloir menant à la salle pour y disputer leur premier combat. Hasard du timing, nos deux judokas se préparaient à monter sur le tatami exactement en même temps ! Un dilemme pour Cédric Taymans, le DT francophone, seul coach de la FFBJ présent en Tunisie.

"Cette coïncidence n’arrive pas souvent. Comme je ne peux me couper en deux, nous avons une règle qui est que l’entraîneur accompagne le premier judoka à être appelé. Ici, ce fut Sami. Je suis donc entré avec lui, laissant Lola se débrouiller. Mais ç’aurait pu être le contraire ! De toute façon, tous nos judokas sont préparés à ce cas de figure. Et puis, le rôle du coach est secondaire dans un combat."

Pendant que Sami immobilisait le Tunisien Khattab, Lola était pénalisée à trois reprises en… 1’41 et donc éliminée par la Tunisienne Rebai mais, surtout, sortie par l’arbitre ! À oublier.

Plus tard, Sami Chouchi revint sur le tatami pour défier l’Australien Coughlan. Devant toute sa famille paternelle, d’origine tunisienne, le Bruxellois avait à cœur de se montrer.

Et les premiers mouvements furent vraiment à son avantage. Menant d’un waza-ari, Sami dominait son adversaire jusqu’à ce que celui-ci trouve l’ouverture. "J’ai commis une erreur de placement. Je me suis exposé et il en a profité. Tout s’est écroulé en une fraction de seconde. Je m’en veux… Jamais, je ne devais perdre ce combat. Mais c’est le judo…"