Football L'enterrement, de première classe certes, semble se préciser

BRUXELLES Que va faire Gilles De Bilde?

Le Sporting d'Anderlecht, qui ne compte plus sur lui, avait récemment accordé au Brabançon l'autorisation d'explorer lui-même toutes les pistes liées à son futur. S'ensuivirent diverses hypothèses, avérées pour certaines, plus farfelues pour d'autres qui conduisirent Gilles De Bilde en Grèce, aux Etats-Unis, au Portugal, en Espagne ou, encore, en Autriche. Entre une brève, et vaine, escapade à Salonique et un périple tout aussi infructueux du côté de Beira Mar, l'attaquant bruxellois continuait, vaille que vaille, à entretenir sa condition physique dans un centre spécialisé, situé dans la grande banlieue bruxelloise.

Ce jeudi, le comité de direction du Sporting d'Anderlecht s'est penché sur le cas que lui pose, avec de plus en plus d'acuité du reste, un joueur avec lequel Hugo Broos, tant humainement que professionnellement, ne désire plus collaborer. Rien n'a été officiellement décidé à son sujet, même si les Bruxellois s'accordent désormais à affirmer qu'avec Gilles De Bilde, leur patience a été mise à rude épreuve. Qu'est-ce à dire? Eh bien, qu'ils entendent que le Soulier d'Or 1994 se remette le plus rapidement possible à leur disposition en reprenant les entraînements au Parc Astrid. Voilà, en fait, la seule certitude que les dirigeants anderlechtois ont aujourd'hui: ils sont convaincus que Gilles De Bilde trouvera plus facilement un nouvel employeur si, d'une part, ils le reprennent en mains et si, d'autre part, il est guidé, par eux, dans ses choix.

De son côté, l'intéressé n'a pratiquement aucune certitude, sinon celle qu'il aborde effectivement une période clé de sa carrière, entre l'instant où il réussira à relancer celle-ci et celui où cette dernière prendra fin. De quelle option Gilles De Bilde est-il actuellement le plus proche? Rien ne permet de le supposer. Pour l'heure, son avenir parait irrémédiablement bouché. Le statut qu'Anderlecht lui propose d'embrasser est aléatoire: situons-en les limites entre la possibilité de retravailler au quotidien avec le groupe de trente-deux joueurs qu'Hugo Broos ne désirait plus qu'il intègre il y a quelques semaines (pourquoi aurait-il changé d'avis?) et l'éventualité, tout aussi floue, d'oeuvrer au quotidien, mais en soirée, avec le noyau des Moins de 19 ans. À la clé, néanmoins, la perspective de bénéficier d'une ultime année de contrat, particulièrement rémunératrice du reste mais qui, pour l'intéressé, s'assimilerait, tout bonnement, à un enterrement de première classe. Dès lors, comment éviter d'arriver à semblable extrémité? N'est-il pas déjà trop tard à l'heure où la réalité économique du marché offre à Gilles De Bilde des débouchés pour le moins réduits. Sauf tout le respect voué à l'homme, ne s'est-il pas lui-même placé dans cette situation? Surtout, a-t-il réellement envie qu'elle ne s'éternise pas?

© Les Sports 2003