Football

En visite chez Branko Strupar, grand fan et ex-joueur de Zagreb mais amoureux de la Belgique

Envoyé spécial en Croatie Yves Taildeman


"On a bu une bière après le Brésil"


"Hasi et moi, nous préparions dix oeufs"


"Champion du monde en vétérans"


ZAGREB On avait pris rendez-vous au centre commercial Precko, à dix minutes du centre-ville de Zagreb, l’adversaire d’Anderlecht lors du match de demain. “Swap in, joengens, montez à bord” , nous dit une voix connue, qui provient d’une grosse Jeep.

Branko Strupar (39 ans) a beau avoir quitté la Belgique depuis 1999, il n’a pas changé d’un poil. L’ancien Diable Rouge (17 matches, 5 buts) nous montre sa maison familiale, la crèche de son fils Bruno (2,5 ans) et l’école de ses filles Laura (7 ans) et Dora (10 ans), avant de nous accueillir dans son nouvel appartement moderne, où la jolie Sanja nous attend.

Là, au premier étage, il est impossible de nier que Branko a réalisé une jolie carrière. Son Soulier d’Or , son trophée de meilleur buteur, des bouteilles de champagne de Genk : Strupar n’a pas jeté le moindre souvenir.

On voit surtout des objets belges, Branko.

“Même si je suis le plus grand supporter du Dinamo, je dois tout à la Belgique. Quand Anderlecht est venu jouer à Zagreb, les fans mauves m’ont reconnu. Même chose quand j’atterris à Zaventem. J’y suis plus populaire qu’à Zagreb ! Vos compatriotes sont adorables. Plus qu’ici.”

Mais demain soir, vous serez supporter du Dinamo.

“On est en méforme. Ce week-end, l’équipe a fait 0-0 à domicile contre NK Istra, le 14e sur 16 du classement... Et à Anderlecht, ils doivent même aller gagner.”

Le club n’y croit pas ?

“Si. Le fait d’avoir récupéré les trois points de Timisoara leur a donné un coup de fouet. Pour leur dernier match, ils reçoivent Timisoara, ce qui doit être faisable. Dans le foot, tout est possible.”

Vous gardez des souvenirs particuliers d’Anderlecht ?

“Je me rappelle surtout un Genk - Anderlecht : 2-5, alors qu’on aurait été champions avec une victoire. Il existe des photos où j’avais un essuie-main sur la tête après le match. J’étais cassé à cause d’Anderlecht. Ma femme était à la maternité, où elle avait accouché de Dora. Il était 23 h, les heures de visite étaient terminées depuis longtemps, mais je suis quand même allé à l’hôpital.”

Vous avez offert un maillot aux infirmiers pour pouvoir rentrer ?

“Non, j’ai jeté des petits cailloux sur la fenêtre de sa chambre. En panique, elle a appelé les gars de la sécurité. Les médecins m’ont fait rentrer par une sortie de secours. J’ai pu rester aussi longtemps que je le voulais. Et à la naissance, le gynécologue a mis Dora dans mes bras et non pas dans ceux de Sanja. (rires) Quand Bruno est né, ici en Croatie, l’hôpital a dit : ‘Non, tu ne peux pas assister à la naissance. Mission impossible !’ C’est ça, la différence entre la Croatie et la Belgique...”

Le Sporting ne vous a jamais voulu ?

“Il y a eu des rumeurs quand Anthuenis y est allé, mais il préférait Oulare, un buteur né. (rires) J’ai entendu que Boussoufa veut battre mon record de 21 assists ? Il peut essayer, mais je ne crois pas qu’il y parviendra...”



© La Dernière Heure 2009