Football L’Uruguay fait le boulot, mais Suarez et Cavani n’en finissent plus de décevoir.

Il n’y a pas à dire : un duo d’attaque formé d’Edinson Cavani et de Luis Surarez, sur papier, ça fait peur. Seulement, depuis le début de cette Coupe du Monde, les deux hommes forts de la Céleste ne semblent pas dans leur assiette. Pour trouver la raison, il faut se tourner vers le banc et plus précisément vers Oscar Tabarez, le sélectionneur de l’Uruguay.

Notre homme est en mission : "Aller le plus loin possible, et marquer le plus de buts n’est pas le plus important pour moi." Tout est résumé dans cette déclaration faite par l’homme fort de la double championne du monde après la victoire contre les Saoudiens. Mais Tabarez allie aussi et surtout les actes à la parole.

Tout commence par son système de jeu. Le 4-4-2 mis en place a deux buts. Tout d’abord, Tabarez veut une stabilité défensive avec deux médians axiaux défensifs qui sont là pour couper les angles et jouer très bas. D’ailleurs, quand la Céleste mène au score, le bloc recule et les deux stars offensives sont alors un peu seules et doivent surtout tenter de tirer leur épingle du jeu avec de longs ballons, pas des phases construites.

Le vrai problème de ce système de jeu, c’est qu’en jouant à deux pointes, le Parisien et le Barcelonais peuvent de la sorte évoluer tous les deux dans l’axe. C’est clairement une volonté, pour Tabarez, de ne pas décider de déplacer l’un des deux sur le côté ou d’en placer un en soutien. Du coup, les deux joueurs jouent tous les deux dans la même zone, font tous les deux les mêmes appels et le jeu sur les ailes est inexistant.

Jusqu’ici, la Coupe du Monde de ces deux hommes est complètement manquée d’un point de vue individuel, malgré le but de Suarez contre l’Arabie saoudite, lui qui est devenu le premier Uruguayen à marquer trois buts dans trois Coupes du Monde différentes. Tout le monde attend plus d’eux et pour plusieurs raisons. Tout d’abord, Edinson Cavani est l’un des meilleurs buteurs du monde. Critiqué depuis son arrivée au Paris Saint-Germain, il a explosé les records les uns après les autres et a même effacé le grand Zlatan Ibrahimovic des tablettes. Comme toutes les autres stars de ce Mondial, il veut marquer le tournoi de son empreinte et il n’a pas réellement l’occasion de le faire.

Pour Luis Suarez, le problème est tout autre. En 2010, il a quitté la Coupe du Monde sur un carton rouge lors du quart de finale contre le Ghana, suite à une faute de main sur sa ligne de but. C’est vrai que ce geste a finalement permis à son pays de rejoindre la demi-finale, mais son image en avait pris un coup. Que dire de sa morsure sur Chiellini au Brésil ? Lui plus qu’un autre doit se distinguer autrement en Russie, histoire de pour une fois réussir une Coupe du Monde au niveau de son image et de son comportement.

Contre la Russie, avec la première place du groupe en ligne de mire, les deux attaquants voudront faire la différence mais pour cela ils auront besoin de leurs coéquipiers, mais aussi de leur coach. Car lorsqu’on a deux armes de ce calibre, il faut les utiliser, et selon leurs qualités.