Sur les traces de Podolski

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Football

En visite dans la maison natale de Lukas Podolski à Gliwice, où la majorité des Polonais supportent désormais la Mannschaft

GLIWICE “Lukas Podolski ? Je préfère ne pas donner mon avis sur lui.” On se trouve dans la rue Ulica Wislana à Gliwice, une ville minière de 200.000 habitants en Silésie, à 20 km de Katowice. C’est dans l’appartement en face de moi, au troisième étage, que Lukas Podolski a vécu jusqu’à ses deux ans, avant de partir en Allemagne. La suite de l’histoire est connue : il a joué à Cologne, puis au Bayern, avant de revenir à Cologne et de signer à Arsenal.

Le jeune homme au crâne rasé à qui nous parlons de l’attaquant est l’un des rares à estimer qu’il est un déserteur en jouant pour l’équipe nationale de l’Allemagne. A-t-il vraiment trahi sa patrie ? Ce soir, en jouant son premier match sur territoire polonais (à Gdansk contre la Grèce) il l’apprendra : il sera soit sifflé, soit applaudi, ce qui semble plus probable. “La majorité des gens l’aiment bien” , disent les journalistes locaux.

Au troisième étage, Mariusz ouvre la porte. Notre visite ne l’étonne pas. “J’ai déjà eu des journalistes allemands dans mon appartement” , dit-il. “Mon matériel est prêt. Voici une photo de Podolski avec moi quand il avait deux ans. Maintenant, on n’a plus de contact. Quand il revient – et c’est très rare –, il passe vite chez sa famille.”

Danuta, la maman, s’explique. “On s’entendait bien avec les Podolski. Waldemar, le papa, jouait au foot en D1 polonaise. Krystyna, la maman, était une joueuse de handball. Quand ils ont déménagé, on a monté d’un étage et on s’est installés dans leur appartement. Waldemar travaillait dans les mines de charbon. Ce logement appartenait au charbonnage.”

Elle nous emmène dans la chambre de bébé de Podolski, et montre un vieil essuie-mains. “Ils l’ont oublié. Quand l’Allemagne joue, je le tiens en mains. Mon cœur bat évidemment pour Lukas. Quand il marque un but, je suis si fière. Je me rappelle bien quand il était tout petit. Qu’est-ce qu’il était nerveux ! Et il jouait toujours avec son ballon.”

Et puis la question clé : est-ce qu’elle pardonne à son ancien voisin d’avoir opté pour l’Allemagne ? “Question difficile. Si l’Allemagne avait affronté la Pologne – et cela aurait été possible –, j’aurais préféré un 3-2 pour la Pologne avec deux buts de Podolski. Le fait qu’il soit encore dans le tournoi a réduit notre douleur après l’élimination. À Gliwice, on supporte l’Allemagne.”



© La Dernière Heure 2012
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