Football Pour pallier la suspension de Matuidi, Deschamps a le choix entre Tolisso et Lemar.

"J’ai fait le deuil. Je suis à fond derrière mes coéquipiers, je vais essayer de les aider le mieux possible dans la préparation du match et dans le vestiaire." Après l’incrédulité suscitée par son avertissement contre l’Argentine qui le prive de ce quart de finale face à l’Uruguay, Blaise Matuidi a affiché un visage plus grave. "C’est un élément important, on ne peut pas avoir 70 sélections en autant d’années sans être un cadre de l’équipe. Il va manquer, évidemment, a reconnu Guy Stéphan, l’adjoint de Didier Deschamps. Blaise apporte ce côté harceleur, il cherche toujours à empêcher l’adversaire de jouer, il est très bon sur le plan défensif mais aussi sur le plan offensif."

Ses deux avant-dernières passes sur les troisième et quatrième buts sont venues bonifier son match où il a joué un rôle essentiel pour limiter le rayonnement de Lionel Messi dans un rôle plus commun de harcèlement. Deux options s’ouvrent à Didier Deschamps pour le remplacer avec Corentin Tolisso et Thomas Lemar. Qui présentent chacun des avantages et des inconvénients.

Tolisso, le combattant

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Titulaire pour le premier match du tournoi après une préparation où il avait tout bousculé, Corentin Tolisso a ensuite perdu sa place après un match très terne. "J’ai remarqué que j’ai failli techniquement, que je n’étais pas au niveau de mes derniers matches", a-t-il reconnu. Dans la foulée, il n’a refait son apparition que lors du dernier quart d’heure contre l’Argentine quand il a remplacé… Blaise Matuidi. Comme un heureux présage pour lui ?

Ce choix, associé à son profil, donne à l’ancien Lyonnais un air de favori. Comme Matuidi, le milieu du Bayern se caractérise par son gros volume de jeu et sa faculté à harceler le porteur du ballon. Autres atouts, sa qualité de frappe de balle et son goût pour le combat qui sera justement l’une des thématiques de ce quart. Ultrapolyvalent puisqu’il a débuté des matches avec Lyon latéral droit, gauche, récupérateur et même meneur, Tolisso devrait par contre s’adapter à un nouveau poste. À moins que ce 4-2-3-1 qui se mue en 4-3-3 ne soit bougé avec Paul Pogba à un poste plus naturel de milieu axial à gauche.

Lemar, l’artiste

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Parmi les coiffeurs alignés contre le Danemark, Thomas Lemar était l’un des plus attendus. Il a forcément été l’un de ceux qui ont le plus déçu. Sa qualité technique, évidente, ne lui a pas permis de débloquer un match fermé à double tour. Son profil diffère grandement de celui de Tolisso.

Quand son rival est à classer parmi les relayeurs-puncheurs, Lemar se distingue plus par la douceur de son pied gauche capable de faire des merveilles : dans le jeu pour trouver des lignes de passes; mais aussi sur les phases arrêtées pas forcément bien négociées par les Bleus depuis le début du tournoi et qui pourraient être l’une des clefs du match.

Autre atout, sa maîtrise du poste. Même si à Monaco, qu’il va quitter pour l’Atlético Madrid, le Guadeloupéen a joué un peu partout, il reste le seul vrai milieu gauche du groupe français. Seul bémol pour lui, son manque de dureté dans les duels.