Football

Hein Vanhaezebrouck (51 ans) a reçu le Trophée Raymond Goethals, lundi midi à Alost.

Le jury récompense avec ce prix le meilleur entraîneur belge de l'année, actif dans un club ou en tant que coach fédéral en Belgique ou à l'étranger. L'entraîneur de La Gantoise, déjà dans le tiercé en 2013 et 2014, succède au coach fédéral Marc Wilmots au palmarès de ce trophée qui lui a été remis par l'ancien ailier gauche international néerlandais d'Anderlecht Robby Rensenbrink. Les trois précédents lauréats étaient Eric Gerets (alors coach du Maroc, en 2011), Peter Maes (Lokeren) en 2012 et Francky Dury (Zulte Waregem) en 2013.

Hein Vanhaezebrouck a reçu le maximum de points, 50. Il devance Marc Wilmots (Equipe nationale/26 pts) et Yves Vanderhaeghe (Courtrai puis Ostende/14 pts).

Hein Vanhaezebrouck, pour rappel, a permis la saison dernière aux Buffalos d'être sacrés champions de Belgique pour la première fois de leur histoire, et leur ouvrira les portes des 1/8e de finale de la Ligue des Champions en cas de succès contre le Zenit Saint-Petersbourg mercredi. La Gantoise est par ailleurs aussi très bien placée dans la lutte pour sa succession en championnat, après 18 des 30 journées de la saison régulière.

Raymond Goethals, décédé le 6 décembre 2004, est considéré comme le meilleur entraîneur belge de l'histoire. Robby Rensenbrink, aujourdhui âgé de 68 ans, double finaliste de la Coupe du monde (1974 à Munich et 1978 à Buenos Aires), était son joueur-fétiche durant les trois années (de 1976 à 1979) de leur collaboration au Sporting d'Anderlecht.

Meilleur buteur du championnat (à égalité avec l'Autrichien de Saint-Trond Alfred Riedl) en 1973, et Soulier d'Or en 1976, il restera sans doute pour toujours le plus talentueux joueur ayant foulé les pelouses du championnat de Belgique pendant une décennie (de 1969 à 1980).

Outre l'ancien arbitre Guy Goethals, le fils de Raymond Goethals, et l'organisateur Alain Ronsse, le jury comprend les anciens coachs fédéraux Paul Van Himst, Wilfried Van Moer, Robert Waseige, Aimé Anthuenis et Walter Meeuws, ainsi que Jan Ceulemans, Jacky Mathijssen, l'arbitre Serge Gumienny et l'ancien entraîneur du Standard Dominique D'Onofrio.


La réaction de Vanhaezebrouck

"J'ai pratiquement toujours été nominé et cela fait donc plaisir d'une fois gagner", a avoué lundi Hein Vanhaezebrouck après avoir reçu le Trophée. "Mais c'est normal parce que je pense m'être chaque année amélioré de 10 %. Maintenant ce prix que je suis très heureux de recevoir, il revient en réalité à des tas de gens. Mon staff, les joueurs, ma direction, les supporters et j'en oublie. Il est assez injuste que seul mon nom y soit gravé..."

"Il faut croire que j'ai quand même quelque chose de commun avec cet ancien entraîneur à succès...", bifurque Hein Vanhaezebrouck pour revenir à son cas personnel. "C'est du moins ce que cette régularité semble indiquer mais sincèrement, je suis peut-être un tout petit peu le Goethals d'aujourd'hui. Au delà de l'anecdote et de notre même manie d'utiliser des cartons de bière pour l'élaboration de nos plans de bataille, on vit tous les deux 24 heures sur 24 pour le football. Il est notre véritable obsession. Je me lève et je me couche en y pensant. Je suis complètement foot comme lui, mais pas fou, et lui ne l'était d'ailleurs pas non plus. Je sais fort bien qu'au niveau des palmarès il n'y a par contre pas photo, pas encore en tout cas. Celà dit on ne peut pas vraiment comparer deux entraîneurs de périodes aussi éloignées l'une de l'autre dans le temps, et aussi différentes. Raymond avait un profil assez défensif alors que moi je mise plutôt sur l'offensive. Je veux toujours que mon équipe tente d'imposer son jeu, même en Ligue des Champions. A chacun sa méthode, l'important étant qu'elle soit efficace..."

"L'Europa League, ce serait une déception..." 

Si un prestigieux jury a couronné l'entraîneur de La Gantoise, lundi midi à Alost, c'est aussi pour le très brillant parcours de son équipe en Ligue des Champions, dont elle forcera peut-être les portes des 1/8e de finale en battant le Zenit Saint-Petersbourg mercredi.

"Lyon ne va rien ramener de Valence et donc en effet, la victoire est obligatoire", admet Hein Vanhaezebrouck. "Mais on y croit au point que se retrouver en Europa League constituerait pour tout le monde une grosse déception. Saut s'il devait s'avérer que le Zenit a tout simplement le maximum de points parce qu'il est trois fois plus fort que les autres. Mais je ne le pense pas. Je suis impatient de voir comment mes joueurs vont gérer cette situation inédite. Ils l'ont très bien fait jusqu'à présent, mais il s'agit carrément cette fois d'un match historique. Pour qu'il soit exceptionnel il faut cependant l'emporter. Avec tout le respect pour les organisateurs de ce Trophée Raymond Goethals, il ne pèse pas lourd face, à une qualification pour les 1/8e de finale de la Ligue des Champions. Etre assuré de passer l'hiver en Coupe d'Europe après cinq journées de la phase de poules est fantastique, mais pas suffisant, au point où on est arrivé maintenant, et surtout de quelle manière. On devrait en réalité déjà être qualifié. Mais le football ne fonctionne pas comme ça. Mercredi par exemple, on fera la fête si on a gagné en jouant comme des pieds, et on pleurera si on a perdu en faisant un match formidable...", conclut Hein Vanhaezebrouck