Football Anthony Vanden Borre a mis fin à sa carrière de footballeur à seulement 29 ans et songe déjà à sa seconde vie.

Le 4 novembre dernier, Montpellier recevait Marseille. En montant pour les dernières secondes, Anthony Vanden Borre s’est fait un dernier kif : affronter son autre club de cœur avec Anderlecht, celui qui le faisait vibrer depuis tout petit au point d’acheter les trainings officiels bleu ciel de l’OM. Il ignorait alors qu’on ne le reverrait probablement plus sur un terrain de football ensuite.

1. C’était un retour au top niveau ou rien

Il est resté sur le banc les semaines suivantes avant de carrément sortir de l’équipe en décembre, lui laissant beaucoup de temps pour réfléchir. Prenait-il encore du plaisir dans ce monde du football professionnel ? Avait-il encore l’envie de fournir les efforts nécessaires pour retrouver son plus haut niveau ? Supporterait-il encore longtemps de ne pas aider Montpellier aussi bien qu’il l’espérait après avoir été accueilli magnifiquement dans le sud de la France ? En compagnie de ses proches, Anthony Vanden Borre a finalement répondu non aux trois questions.

À 29 ans, il s’est rendu à l’évidence : refaire une deuxième fois le coup du Brésil ne serait pas possible. Le corps et la tête ne suivaient plus pour repartir vers le top, trois ans après avoir réalisé le miracle de passer du chômage à la Coupe du Monde en une année à peine. La décision était prise : il ne reviendrait pas à la reprise des entraînements fin décembre, il ne reviendrait même plus du tout, préférant laisser ses crampons au clou. Malgré le soutien et l’aide de l’entraîneur Frédéric Hantz, il était conscient que ses plus belles années étaient derrière lui après treize ans de professionnalisme. En mettant les dirigeants français au courant en début de mercato, il permettait aussi au club de se retourner (l’arrière droit de Laval devrait le remplacer dans le groupe).

2. Plus d’un million d’€ qu’il laisse tomber

Ce choix a surpris, même certains amis proches qui ont tenté de le faire changer d’avis. Mais Anthony Vanden Borre voulait être honnête dans un monde où cette qualité serait presque un défaut. Pas question de faire semblant pour gratter un maximum d’euros, de roubles ou de yuans. Il ne voulait pas mentir à Montpellier en conservant ses six derniers mois de salaires tout en empêchant le club de recruter un remplaçant à son poste. L’argent n’était plus la priorité, préférant retrouver sa liberté tout en restant droit dans ses bottes.

Aujourd’hui, VDB a encore dix-huit mois de contrat avec Anderlecht. Un contrat à un peu plus de 800.000€ par an. On parle donc d’une somme totale de plus d’un million. La semaine prochaine, il rencontrera Herman Van Holsbeeck mais a déjà fait savoir qu’il voulait rompre ce bail, faisant donc une croix sur le pactole.

3. Un avenir dans l’académie des jeunes du RSCA ?

Depuis qu’il a pris sa décision, Anthony Vanden Borre est serein, chez lui à Bruxelles. Il n’a pas regret car il sait qu’il aura essayé une dernière fois, sans succès cette fois. Peut-être sera-t-il un jour repiquer par le virus du jeu mais ce n’est pas à l’ordre du jour. Il parlera sereinement de son choix lors d’une conférence de presse dans quelques jours. Dans quelques semaines au plus tard. Inévitablement, la question de son avenir sera mise sur le tapis. À l’aube de la trentaine, comment envisagera-t-il sa seconde carrière ? Pour l’instant, toutes les options sont ouvertes. Il sait qu’il aime travailler avec les jeunes et en a eu la confirmation quand il a passé plusieurs mois avec l’équipe U21 du RSCA la saison passée. Peut-être même l’évoquera-t-il avec Herman Van Holsbeeck quand ils se verront la semaine prochaine. S’il a pu s’offrir un dernier plaisir en affrontant l’OM, il sait que son cœur restera toujours mauve et blanc.


Loulou Nicollin: "C’est du pipeau"

Contrairement à beaucoup d’autres personnes dans le club, Loulou Nicollin, fondateur et président d’honneur du club de Montpellier, ne portait pas Anthony Vanden Borre dans son cœur. "Sa retraite ? Je n’en ai rien à foutre. Je veux savoir qui a amené ce joueur ici car c’était un mauvais joueur. On l’avait pris pour remplacer Deplagne et c’est Deplagne qui joue. De toute manière, je ne crois pas à sa retraite, c’est du pipeau. Il veut juste retrouver sa liberté pour signer où il veut." Une réaction excessive à l’image du personnage…


Van Holsbeeck: "Le sentiment d’un immense gâchis"

C’est mardi matin, dans sa salle de bain, qu’Herman Van Holsbeeck a appris la nouvelle de la retraite d’Anthony Vanden Borre. "Ça m’a vraiment fait quelque chose. Un joueur de 29 ans qui arrête sa carrière et, en plus, Anthony pour qui j’avais toujours eu un petit faible. Je garderai de lui le souvenir d’un immense gâchis. Quand je suis arrivé au club, il y avait deux joueurs au-dessus du lot : Kompany et lui. Vincent est devenu l’un des meilleurs joueurs du monde alors qu’Anthony avait toujours des soucis, souvent extrasportifs C’est dommage."

Le manager général du RSCA rencontrera son futur ancien joueur la semaine prochaine à Neerpede. "On discutera mais il m’a déjà dit qu’il voulait mettre un terme au contrat de 18 mois qui nous lie encore. J’aborderai aussi l’aspect humain. S’il fait ça, c’est qu’il doit être loin mentalement car il adore le football."

Si l’avenir de vdb est encore flou, il ne se conjuguera pas tout de suite avec Anderlecht. "Lui proposer un poste au sein du club n’est pas à l’ordre du jour mais Anthony est un enfant du Sporting et on fera tout pour l’aider. Je lui demanderai comment il voit sa nouvelle vie et on verra ce qu’on peut faire."