Genk, en cinq ans, c’est…
(22/01/2010)
© Photonews
6 entraîneurs, 4 directeurs techniques et 3 présidents. Le Racing n’arrive pas à inscrire de bons résultats dans le long terme
GENK Le match entre Genk et le Club Bruges de ce dimanche devait être un sommet. Il ne le sera pas par la faute d’un Racing qui, après avoir bouclé les deux dernières campagnes à la 10e puis à la 8e place, regarde à nouveau – en développant un jeu qui n’a rien de chatoyant – les cinq pauvres équipes qui se situent derrière lui au général .
Cinq formations qui atteignent péniblement le tiers de son budget fixé à dix-neuf millions, soit le 4e de l’élite.
À l’exception de son statut de dauphin d’Anderlecht en 2006-2007, Genk n’a pourtant jamais justifié ce statut de 4e force du royaume au cours du dernier lustre, même si le gain de la Coupe de Belgique a sauvé sa dernière saison. Aujourd’hui, la 4e puissance en Belgique, c’est La Gantoise. Sans discussion.
Comment Genk en est-il arrivé là ? Pourquoi a-t-il perdu cet énorme capital sympathie qu’il véhiculait à travers toute la Belgique au profit de clubs comme Gand ou Zulte-Waregem, qui ont établi et respecté une véritable ligne de conduite ?
Il est d’abord victime, pardon coupable, d’une instabilité dévastatrice. Sur les cinq dernières années, le Racing a connu six entraîneurs et pas des moindres (Vandereycken, Broos, Van Geneugden, Denier, Van Haezebrouck et Vercauteren), quatre directeurs ou conseillers techniques (Jacobs, Reynders, Vergoossen et Vermeulen), trois présidents (Vaessen, Lemmens et Houben) et même deux directeurs généraux (Heylen et Degraen). Sans compter un conseil d’administration bien plus présent que dans les autres clubs par l’influence notamment de Vaessen. Finalement, la seule garantie de stabilité, c’est la présence d’Erik Gerits, l’éternel homme à tout faire depuis 16 ans, et de Pierre Denier, présent sur l’enceinte depuis... 35 ans.
Il y a trois ans encore, Genk était loué pour sa ligne de conduite, sa vision à long terme, son dynamisme et ses idées créatrices puisées de partout. C’est le Racing qui s’équipa le premier d’une pelouse chauffée.
C’est lui aussi qui accepta l’idée des loges à ciel ouvert. C’est encore lui qui se laissa tenter par la mode du naming en rebaptisant le Fenixstadion en Cristal Arena .
Et c’est toujours lui qui érigea un musée au sein de son stade moderne, fonctionnel et à dimension logique (24.600 places). Un stade où, aujourd’hui, la fréquentation est en chute de plus de 10 % pour atteindre une moyenne inférieure à 20.000 spectateurs. Et où l’ambiance, si latine avant, n’apporte plus aucune valeur ajoutée.
Il y a trois ans aussi, on applaudissait la politique de jeunes (Bailly, Haroun, Pocognoli et Defour précédaient Vossen, Bolat et Benteke) en équipe première tout en saluant le travail effectué au sein du centre de formation qui se targuait d’être le plus gros pourvoyeur des équipes nationales de jeunes. Pour rappel, la sélection belge des U17 demi-finalistes de l’Euro en 2007 était composée pour moitié de joueurs du Racing.
Aujourd’hui, on constate que Bolat fait l’unanimité au Standard, que Benteke n’a marqué qu’un but de moins que le meilleur buteur de Genk et que Haroun est le maître à penser du Germinal Beerschot. Trois joueurs qu’on a dégoûtés ou laissé incompréhensiblement partir pour des queues de cerise.
La crise limbourgeoise résulte aussi d’une série de choix inappropriés. En matière de transferts (voir ci-contre) ou de coaching. Celui de Van Haezebroeck, alors que De Boeck lui tendait les bras, a été davantage dicté par l’image que par une vision bien précise.
Thomas Busiau
© La Dernière Heure 2010
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