Hockey Pauline Leclef, qui avait été dégoûtée du hockey à 16 ans, est revenue plus forte.

Dans l’entrejeu des Red Panthers, Pauline Leclef rayonne aux côtés de Stéphanie Vanden Borre et Barbara Nelen. La jeune femme de 22 ans brille surtout par son culot. "Quand je suis en confiance, j’ai un sacré culot. Je préfère être entre cinq Néerlandaises au milieu plutôt que dans le cercle adverse contre les Tchèques. Le milieu n’est pas un poste simple. Le risque est omniprésent, mais j’adore créer des actions dans l’espace..." dit-elle pour décrire son jeu avant de parler de son caractère. "Je suis une personne positive qui rigole tout le temps. Peut-être trop souvent."

Face aux Pays-Bas, elle n’a pas eu froid aux yeux malgré sa relative inexpérience. "J’avais la chair de poule en montant sur le terrain dans ce vacarme. Je n’avais jamais joué devant 9.500 personnes. Pendant le premier quart, j’étais un peu occupée à regarder autour de moi. Par la suite, je ne les entendais plus. D’ailleurs, nous avons réussi à calmer le public."

Mardi, face à l’Espagne, les Red Panthers sont attendues au tournant. Le courage montré face aux n°1 mondiales attend une confirmation. "Ce match est capital. Nous ne calculerons pas. Seule la victoire fait partie de notre vocabulaire. Nous devrons d’abord former un bon bloc défensif et puis profiter de nos occasions dans le cercle adverse."

En juin, elles avaient acté deux défaites contre la bande à Bonastre. Joueuse du Braxgata, Leclef connaît très bien la star espagnole qui évolue aussi à Boom depuis deux ans. "Elle marque facilement contre nous. Elle récupère beaucoup de balles. Nous la connaissons bien, mais elle nous connaît aussi."

Ces deux défaites à Bruxelles ont été riches en enseignements. "Le constat vaut dans les deux sens. Les Espagnoles sont rapides et techniques. Nous avons adapté notre press pour les surprendre. Nous sommes prêtes !" confirme l’habitante de Schilde.

Joueuse extravertie, elle est animée par une confiance légitime. La milieu a presté à un niveau honorable lors de la World League avant de sortir deux bons premiers matchs à Amstelveen. "Depuis juin, j’ai l’impression que je fais pleinement partie de l’équipe..." narre celle qui avait suivi son premier entraînement avec les A en 2012 ! "J’ai été appelée par Pascal Kina juste avant les Jeux de Londres alors que j’avais tout juste 17 ans. J’étais trop jeune. J’ai mal vécu la pression. Moi, j’ai besoin de prendre du plaisir pour m’exprimer pleinement sur le terrain."

Elle est retournée en U21 avant de frapper à nouveau à la porte des Panthers en juin 2016.

Écoeurée par le stick, la milieu, qui avait également quitté l’Herakles pour rejoindre le Braxgata, a profité de cette longue parenthèse pour retrouver les bases. "J’étais en pilote automatique. Cette période n’était pas agréable, mais elle m’a aidée à devenir la joueuse que je suis. Je me suis reconstruite pour être plus forte. Avant, tout allait trop vite. Je devais changer de cadre."

"Dix fois plus fortes dans quelques années"

Étudiante en deuxième année de sciences économiques à la KUL, à Anvers, elle a pu compter sur le soutien de sa famille. Pauline Leclef n’a qu’un lointain lien de famille avec l’ancien président de l’ARBH Jean-Claude Le Clef et avec Alexis. "Je suis arrivée dans le milieu du hockey via… une amie de ma maman qui avait sa fille Camille Simons à l’Herakles."

Si ses parents l’ont toujours soutenue, elle est fière de marcher sur les traces de son grand-père maternel, Jean-Michel Dykmans, qui a joué à Liège à l’époque. "Il ne me parle pas beaucoup de sa carrière, mais il vient me voir le plus souvent possible."

Elle a inoculé le virus à ses frères Dimitri et Anthony. "Je leur ai appris à dribbler dans le jardin, mais mon père ne nous a jamais laissé jouer dans la maison."

Aujourd’hui, elle a grandi. Elle vole de ses propres ailes. Pourtant, chez les Red Panthers, elle incarne l’une des membres de la classe biberon (Limauge, Limauge, Peeters, Hillewaert, Leclef, Struijk et Weyns).

"J’aime bien cette expression. J’aime surtout voir autant de jeunes dans le groupe car nous serons dix fois plus fortes dans quelques années. Nous sommes entrées en douceur dans cette équipe qui était visiblement marquée par Brasschaat 2015", conclut celle qui avait dit à sa maman il y a seize ans qu’elle participerait un jour aux JO. "Et quand j’ai un objectif, je me donne tous les moyens pour l’atteindre."