Rétro hockey : une ambition sans limite

Th. V. Publié le - Mis à jour le

Hockey

Notre spécialiste hockey, Thibaut Vinel, revient sur l'anneé 2011

BRUXELLES Si le Dragons règne sans partage sur le royaume des clubs, les Red Lions ont illuminé une année 2011 magique grâce à une nouvelle qualification pour les Jeux Olympiques et un succès historiques au Champions Challenge.

J'ai aimé : QUALIFIÉS POUR LES JEUX ET LE CHAMPIONS TROPHY

Marc Coudron l’avait annoncé. “Les années 2010-2020 sont placées sous le signe du hockey.” De fait, l’année 2011 fut riche en occasions de sabrer le champagne. Tous les supporters belges avaient pointé le 24 août dans leur agenda depuis des mois. Ce jour-là, au terme d’un match au suspense insoutenable, les Red Lions ont battu la redoutable armada espagnole en phase de poule de l’Euro allemand. Synonyme de qualification pour les demi-finales à Mönchengladbach, cette victoire propulsait surtout la Belgique aux JO de Londres. J’ai aimé la réaction des Red Lions qui ont assumé le statut d’outsiders de luxe. S’ils n’étaient pas favoris pour une place en finale, ils étaient attendus dans le dernier carré. Pour cela, ils devaient sortir le grand jeu face à l’Allemagne ou à l’Espagne. Face aux Teutons, ils ont coincé devant une machine infernale. Face à l’Espagne, ils ont fait preuve de caractère pour remonter un handicap de deux buts ! La qualif n’en est que plus belle. Je me suis délecté en prenant place dans une tribune noir-jaune-rouge lors des sorties des troupes de Colin Batch.

Plusieurs milliers de Belges avaient rallié la ville allemande. Des places furent même libérées par la FIH tombée sous le charme de ces envahisseurs. Les images de cette communion entre joueurs et supporters restent gravées dans ma mémoire. Quel beau moment ! Je m’en voudrais de ne pas souligner la remarquable cinquième place historique des Panthers lors de ce même Euro. Certes, une perf insuffisante pour se rendre aux Jeux (il leur reste une chance en mars), mais qui démontrent que Pascal Kina et la Fédération abattent un boulot colossal pour les remettre à flot au plus vite.

Les Red Lions ont aussi remporté pour la 1re fois le Champions Challenge en battant, au terme de scénarios hitchcockiens, l’Argentine en demi-finales et l’Inde en finale. J’ai aimé la force mentale des Belges qui, au pied du mur, ont sorti leurs tripes pour l’emporter. J’ai aussi adoré l’ambition de ce noyau qui clamait sa soif d’or à l’aube du tournoi. Favori, il a assumé à la perfection son statut.

Les joies de 2011 furent multiples. Au niveau des clubs, le Dragons règne sans partage sur le royaume depuis deux ans. Seul le Racing a retardé un sacre inéluctable au terme de trois finales de playoffs d’un niveau très relevé. Les Anversois, qui ont accueilli la première partie de l’EHL avec brio, restent en lice sur la scène continentale.

Enfin, les dames du Wellington ont accroché ce titre à leur palmarès, lequel se dérobait depuis des années… La défunte année a planté le décor. En 2012, les Red Lions peuvent récolter les fruits semés lors des Jeux de Londres et lors du Champions Trophy en décembre en Australie.

J'ai pas aimé : Bristol jaune pour les arbitres

Je ne vous cache pas qu’en ces temps de vaches grasses, il est plus compliqué de dénicher des éléments que je n’ai pas aimés en 2011. Toutefois, je regrette la défaite lors de la petite finale des Championnats d’Europe à Mönchengladbach. Opposés aux Anglais, les Belges auraient pu revendiquer une place sur le podium. Que se serait-il passé si Jérôme Dekeyser ne s’était pas blessé quelques jours plus tôt ? Je n’ai pas aimé l’élimination du Racing en EHL et de manière générale la perméabilité de la défense de ce club phare.

Je déteste les discussions en coulisse sur la scission de l’ARBH pour des raisons financières. Le dossier sortira au grand jour en 2012.

Je terminerai par mon plus grand grief. Je déplore l’attitude d’une certaine partie du public qui se plaît à siffler trop facilement les arbitres. J’en profite d’ailleurs pour brandir un bristol jaune à ces derniers. Certes, les hommes au sifflet effectuent leur job le mieux possible, mais leur niveau général reste trop faible. Ils ont tendance à casser un jeu qui devient de plus en plus rapide et spectaculaire.

© La Dernière Heure 2011

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