Jeu de balle

Trop modeste de nature, Guillaume Dumoulin n'admettra jamais qu'il est une personnalité importante dans les milieux ballants. Sur le terrain à Thieulain où, sans ses qualités et sa capacité à mener ses troupes, les Leuzois ne seraient pas les dauphins actuels de Kerksken en championnat; et en dehors des ballodromes puisqu'il est, en ce moment, l'instigateur d'une réflexion sur les règles du jeu.

Ce dimanche cependant, on comptera sur lui pour tenter de mener Thieulain à la victoire face à Kerksken pour ce qui constitue la lutte phare de la 15e journée de la compétition domestique. Providentielle pour mettre un peu de sel à cette partie est la victoire des «Canaris» au Grand Prix Maistriau mardi dernier.

«Honnêtement, il faut bien admettre que cela reste une lutte de semaine, même si nous ne devons pas bouder notre plaisir d'avoir remporté ce trophée», tempère Guillaume Dumoulin. «J'ai trouvé les joueurs de Kerksken très calmes. Trop calmes même. Ils vont sûrement aborder cette lutte de dimanche avec davantage de détermination, il ne faut pas en douter un seul instant. En disant cela, je ne sous-entend pas qu'il n'entrait pas dans leur intention de gagner le Maistriau, mais leur hargne sera bien différente dimanche.»

Reste que pour le spectateur neutre, avoir assisté à la victoire de Thieulain au terme d'une belle lutte est une bonne chose pour le suspense. «C'est toujours gratifiant de pouvoir rivaliser avec cette belle machine à gagner. Que faut-il faire pour reproduire cela en championnat? Il faut essayer d'augmenter notre puissance à la frappe où Kerksken nous est supérieur tout en conservant notre longueur et notre précision à la livrée où nous sommes peut-être un peu plus forts que les Alostois. Et si, je ne serai pas original en disant cela, la victoire de l'un ou de l'autre n'aura aucune conséquence au classement sur la suite du championnat, elle relèvera juste du prestige. Reste que devant nos supporters, nous nous devons de leur faire plaisir et de les contenter.»

Mardi également, en l'absence de Nicolas Becq, retenu par ses obligations professionnelles, Tanguy Metayer s'est révélé être un foncier de premier choix. «Tanguy est pétri de qualités, mais il faut arrêter de le comparer à Benjamin Dochier. Benjamin est un gars doué et hors normes qui a baigné dans le milieu ballant depuis tout petit. Ce n'est pas le cas de Tanguy qui aurait tout aussi bien pu faire du tennis. Il n'en reste pas moins posséder aussi des qualités exceptionnelles. Cependant, il manque de grinta. De mon côté, j'essaie de le bousculer pour ne pas le laisser dans sa zone de confort. Il n'y a pas longtemps, il a livré outre à 40 à 2 après avoir livré deux fois au large. Il s'est alors retourné et a rejoint le groupe en regardant le bout de ses chaussures. Il ruminait ses deux livrées fautives plutôt que d'insister sur son exploit. Je lui ai dit que ce n'était pas la bonne attitude. Cela doit changer mais nous y travaillons. Je le protège et le bouscule en même temps. Tanguy, c'est un grand joueur en devenir»

Cela, on en était certain depuis longtemps...