Moteurs L’ACO a présenté les grandes lignes du futur des 24 Heures du Mans et du Championnat du Monde d’Endurance ce vendredi matin.

La grande foule était présente ce vendredi matin pour assister à la grande conférence de presse de l’ACO. Après l’attribution du Spirit of Le Mans à Sir Lindsay Owen-Jones et le mise à l’honneur de Jacky Ickx en tant que Grand Marshal de l’édition 2018, Pierre Fillon (président de l’ACO), Vincent Beausmesnil (directeur des sports de l’ACO) mais aussi Richard Mille (président de la commission endurance à la FIA) et Gilles Simon (directeur technique de la FIA) ont révélé de quoi le futur du pinacle de l’endurance sera fait.

La fin de la Super-Saison 2018-2019 du WEC marquera la fin d’une ère. Exit les protos LMP1 où seul un simple logo permet de les identifier à un constructeur. Dès 2020, les protos de la catégorie-reine (qui risque de ne plus s’appeler LMP1) arboreront un look proche de la prochaine génération d’Hypercars, soit une catégorie de machines qui reprend actuellement l’Aston Martin Valkyrie, la Mercedes-AMG Project One ou encore la Ferrari LaFerrari. La philosophie de cette nouvelle réglementation ressemble étroitement à l’ancienne réglementation GT1 qui avait fait la pluie et le beau temps à la fin des années 90 (voir photo).

« Les voitures pourront être plus facilement identifiées à une marque », explique Vincent Beaumesnil. « Les formes de la voiture seront sensiblement différentes par rapport aux LMP1 actuelles. Pour renforcer le lien avec les Hypercars de route, le cockpit sera sensiblement agrandi pour pouvoir accueillir théoriquement deux personnes. »

Cela ne signifie pas pour autant que les futures voitures seront beaucoup plus lentes. L’objectif est un chrono de 3:20 au Mans, sachant que le record de la piste est actuellement de 3:14.791. La motorisation sera libre, seul le débit de carburant et le rendement énergétique étant contrôlés. Les appendices mobiles seront obligatoires afin de couper court aux coûteux kits low-downforce. Les quatre roues motrices seront acceptées, tout comme le système hybride.

« Mais aussi bien les constructeurs que les écuries privées pourront disposer d’un système hybride accessible », poursuit Vincent Beaumesnil. « Les usines pourront développer un système hybride mais auront l’obligation de le mettre en leasing auprès des écuries privées. Ainsi, tout le monde dispose des mêmes chances sur le papier. »

Gageons que ces nouvelles machines seront bien moins onéreuses à exploiter que les LMP1 actuelles. Pour une équipe d’usine, les dépenses chuteraient de 75 % pour atteindre un budget compris entre 100 et 150 millions d’euros par saison. Surtout, l’objectif est de permettre aux passionnés de l’endurance d’avoir des voitures encore plus excitantes à admirer et auxquelles ils s’identifieraient plus.

« Notre business model devrait nous permettre d’attirer plus de jeunes générations vers l’endurance », souligne Richard Mille. « Mettre fin à la course à l’armement avec des budgets toujours plus élevés était important pour nous. Nous sommes sûr de disposer un règlement qui va intéresser plusieurs constructeurs. La nouvelle réglementation restera d’application pendant 5 ans. Aucune marque ne sera ainsi victime d’un changement brutal. Tous les ingrédients sont là pour créer une formule qui gagne. »

L’ACO s’est également tournée vers l’horizon 2024 où elle prévoit la création d’une classe réservée aux seules voitures équipées d’un moteur à… hydrogène et d’une pile à combustible. Cinq ans après la farce de la Green GT H2, il s’agira de crédibiliser cette alternative au 100 % essence et à l’hybride.

« Les 24 Heures du Mans doivent continuer à servir de laboratoire pour les constructeurs », souligne Pierre Fillon. « A l’ACO, nous croyons depuis longtemps dans l’hydrogène. Dans la lignée du Garage 56, nous espérons créer une catégorie uniquement réservée à ce type de véhicule pour 2024. »

Aussi bien du côté de l’ACO que de la FIA, on est très enthousiastes et quelques surprises ne sont pas à exclure. Il n’y a plus qu’à espérer que les marques y répondent positivement (on a déjà émis quelques réserves chez Porsche...) car 2020 et 2024, c’est déjà demain...