Moteurs

Le constructeur vainc enfin le signe indien et signe un doublé autoritaire dans la Sarthe.

La 20e tentative aura finalement été la bonne. Trente-trois ans après ses débuts dans la Sarthe en 1985, Toyota remporte enfin les 24 heures du Mans. Le constructeur japonais n’aura eu aucune concurrence mis à part lui-même, les deux TS050 Hybrid se battant entre elles pendant toute la course.

Les deux LMP1 nippones ont d’abord fait un chassé-croisé, jusqu’au moment où la n°8 d’Alonso-Buemi-Nakajima devait purger un Stop & Go pour excès de vitesse dans une Slow Zone. C’était sans compter sur la hargne de l’équipage qui rattrapait pas moins de deux minutes de retard pendant la nuit et qui finissait par doubler la n°7 de Conway-Kobayashi-Lopez au petit matin à Mulsanne. Un moins bon rythme de course, un tête-à-queue et un ralenti à 80 km/h pendant quelques minutes auront fini d’achever les espoirs de victoire de la n°7.

Pour sa première apparition aux 24 Heures du Mans, Fernando Alonso s’impose d’emblée et fait un pas de géant dans sa quête de triple couronne. Sébastien Buemi et Kazuki Nakajima prennent quant à eux une splendide revanche après le final cruel de 2016. Kamui Kobayashi, Mike Conway et José Maria Lopez se consolent avec une belle médaille d’argent.

Les LMP1 privées n’auront pas eu voix au chapitre. L’Enso, les BR1 SMP/Dragonspeed et les Ginetta trop vite éliminées, les Rebellion se sont retrouvées seules. C’est finalement la R13 n°3 de Thomas Laurent, Gustavo Menezes et Mathias Beche qui prend la 3e place avec 12 tours de retard sur la Toyota victorieuse tandis que la n°1 d’André Lotterer, Bruno Senna et Neel Jani échouent au pied du podium. L’équipage de la n°1 peut regretter amèrement l’incident du 1er tour où André Lotterer a perdu son capot et s’est accroché avec la BR1 n°10 Dragonspeed.

Après une auto-élimination dès la 1ère heure de course en 2017, l’Oreca n°26 du G-Drive Racing prend une sacrée revanche en s’adjugeant la catégorie LMP2. Jean-Eric Vergne, Roman Rusinov et Andrea Pizzitola ont mené la quasi-totalité de l’épreuve. Avec deux tours de retard, l’Alpine n°36 de Lapierre-Negrao-Thiriet ne peut que se contenter de la médaille d’argent.

Ce fut en revanche serré jusqu’au bout pour la 3ème place. L’Oreca n°39 Graff-SO24 de Capillaire-Gommendy-Hirschi a résisté jusqu’au bout au retour de l’Oreca n°28 TDS Racing de Perrodo-Duval-Vaxivière, 2 secondes séparant les deux voitures. Juan Pablo Montoya, le Suisso-Belge Hugo De Sadeleer et Will Owen complètent le quinté du LMP2 sur la Ligier n°32 United Autosports. Le Colombien et ses acolytes peuvent regretter une sortie à Indianapolis samedi soir et une crevaison dimanche après-midi.

Laurens Vanthoor et sa « Cochonne » auront maté la concurrence en GTE-Pro. Engagé sur la Porsche 911 RSR n°92 aux côtés de Michael Christensen et Kévin Estre, le Limbourgeois aura profité d’une meilleure gestion d’un Safety Car pour se mettre à l’abri de ses rivaux. La Porsche rose possède 49 secondes d’avance sur la voiture-sœur n°91 de Bruni-Lietz-Makowiecki. Pour ses 70 ans, la firme de Stuttgart signe un double dans la Sarthe…

Derrière les deux Porsche, les Ford GT font office de best of the rest avec une 3e place pour la n°68 de Müller-Bourdais-Hand devant la n°67 de Tincknell-Priaulx-Kanaan. Le Top 5 est complété par la Corvette rescapée, la n°63 de Garcia-Magnussen-Rockenfeller, devant la Ferrari 488 n°52 AF Corse de Vilander-Giovinazzi-Derani. Après un beau début de course, la BMW M8 GTE n°81 de Tomczyk-Eng-Catsburg finit 12e de classe. A l’issue d’une course difficile, Maxime Martin et ses comparses Alex Lynn et Jonny Adam finissent 13e sur l’Aston Martin Vantage n°97.

En GTE-Am, victoire de la Porsche 911 RSR n°77 Dempsey-Proton de Andlauer-Ried-Campbell devant la Ferrari 488 n°54 Spirit of Race de Flohr-Castelacci-Fisichella et la Ferrari 488 n°85 Keating Motorsports de Keating-Bleekemolen-Stolz.

Le classement

1. Alonso-Buemi-Nakajima (Esp-Sui-Jap – Toyota TS050 Hybrid) en 388 tours ; 2. Conway-Kobayashi-Lopez (GB-Jap-Arg – Toyota TS050 Hybrid) à 2 tours ; 3. Laurent-Beche-Menezes (Fra-Sui-USA – Rebellion R13-Gibson) à 12 tours ; 4. Lotterer-Jani-Senna (All-Sui-Bré – Rebellion R13-Gibson) à 13 tours ; 5. Vergne-Rusinov-Pizzitola (Fra-Rus-Fra – Oreca-Gibson / G-Drive Racing / 1er LMP2) à 19 tours ; 6. Lapierre-Negrao-Thiriet (Fra-Bré-Fra – Alpine-Gibson / Signatech-Alpine) à 21 tours ; 7. Capillaire-Gommendy-Hirschi (Fra-Fra-Sui / Oreca-Gibson / Graff-SO24) à 22 tours ; 8. Perrodo-Duval-Vaxivière (Fra-Fra-Fra – Oreca-Gibson / TDS Racing) à 22 tours ; 9. De Sadeleer-Owen-Montoya (Sui-USA-Col – Ligier-Gibson / United Autosports) à 23 tours ; 10. Jaafar-Tan-Jeffri (Mal-Mal-Mal – Oreca-Gibson / Jackie Chan DC Racing) à 27 tours … 17. Christensen-Estre-Vanthoor (Dan-Fra-Bel – Porsche 911 RSR / 1er GTE-Pro) à 44 tours … 28. Ried-Andlauer-Campbell (All-Fra-Aus – Porsche 911 RSR / Dempsey-Proton Compétition / 1er GTE-Am) à 53 tours ; etc.