Moteurs Les trois TS050 éliminées de la course à la victoire au début d’une nuit bien noire.

Après n’avoir jamais réussi à s’imposer en Formule 1, le deuxième constructeur mondial parviendra-t-il un jour à remporter les 24H du Mans ?

On est en droit de se poser la question après le nouveau terrible cauchemar vécu lors de cette 85e édition par Toyota.

Douze mois après la cruelle déception d’avoir perdu le double tour d’horloge à moins de cinq minutes de l’arrivée, les fiers Japonais étaient de retour en force cette année dans la Sarthe. Avec une TS050 encore plus affûtée, pulvérisant tous les records de vitesse aux essais, et un troisième proto pour assurer le coup au cas où.

Mais rien n’y a fait. Malgré leur supériorité numérique et chronométrique face à Porsche, Toyota a de nouveau échoué.

Un échec cuisant à l’image des températures très (trop) élevées jamais rencontrées lors des quatre simulations de trente heures réussies par l’équipe d’Hughes De Chaunac. Une véritable malédiction pour cette marque qui à côté des dix-neuf succès de Porsche n’a encore jamais réussi à s’imposer en autant de participations.

Grands favoris après la pole historique de Kamui Kobayashi, en tête pendant dix heures, les Nippons menaient encore avec deux voitures à la tombée du jour. Une nuit mancelle bien noire pour Toyota dont le rêve virait en un nouveau cauchemar puisqu’en deux heures et demie à peine, le seul rival de Porsche perdait ses trois chances de succès, deux sur problèmes mécaniques et la troisième suite à un accrochage.

à 10h45, c’est d’abord la N°8, alors deuxième, qui rentrait au stand freins et système hybride en feu. Il faudra une heure trente aux mécaniciens pour réparer. Remontés neuvièmes sous le drapeau à damier, deuxièmes sur... deux en LMP1, Buemi-Davidson-Nakajima sauvaient à peine l’honneur.

Caracolant en tête avec une minute d’avance, la N°7 s’immobilisait ensuite sur la piste, embrayage cassé sur le coup de 1h du mat’. Incroyable coup de théâtre. Et ce n’était pas terminé. Un quart d’heure plus tard, la N°9 rescapée de Lapierre-Lopez-Kunimoto lancée à la poursuite de la 919 N°1 se faisait percuter à l’arrière gauche à l’amorce du premier virage par le proto LMP2 de Petrov-Trummer-Gonzalez qu’il venait de doubler.

Un stupide fait de course (le pilote de la N°25 a sans doute été surpris par le ralentissement du Français voyant sortir plusieurs voitures des stands) ruinant les derniers espoirs de Toyota décidément maudit sur cette course.

Abattus sans doute en partiepar la chaleur, les Japonais devront encore patienter - au moins - douze mois avant de pouvoir laver ce nouvel affront. En espérant qu’ils ne se fassent pas hara-kiri d’ici là…