Moteurs

La conférence de presse de présentation de la Super Saison WEC et des 24 Heures du Mans 2018 vient de s'achever à Paris. Avec l'annonce d'un plateau plus garni que prévu même si les Japonais restent les grands favoris.


Autant l'avouer. On a craint un instant pour l'avenir immédiat de la discipline quand, un an après Audi, Porsche a annoncé son retrait du Championnat du Monde d'Endurance (du moins dans la catégorie de pointe LMP1) et des 24 Heures du Mans.

Mais au final, même si le grand constructeur Toyota se retrouve pour l'instant seul face aux privés pour cette Super Saison 2018-2019 qui comptera deux fois les 6H de Spa et deux fois Le Mans, l'affiche a finalement fière allure. Et si le titre mondial leur semble promis (Fuji a bien avancé sa date d'une semaine pour permettre à la star Fernando Alonso de ne rien rater de cette saison) les Japonais n'auront sans doute pas qu'à paraître pour enfin vaincre le signe manceau.

Seuls dans la catégorie Hybrid, Toyota alignera deux protos TS050 comparables à ceux vus l'an dernier pour 2018-2019, soit deux chances de s'imposer aux 24H du Mans pour le pilote McLaren Fernando Alonso, la nouvelle star de l'équipe pour le reste inchangée.

Face à ces grands favoris, huit prototypes LMP1 non hybrides privés, ce qui nous fera dix LMP1 sur l'ensemble de la saison, soit le double de 2017.

On citera d'abord l'écurie Rebellion-Gibson, de retour dans la catégorie de pointe, avec deux anciens pilotes Porsche usine (Neel Jani et André Lotterer) mais aussi celui qui avait failli créer l'exploit en menant le double tour d'horloge dès sa première apparition en LMP2, le jeune Français Thomas Laurent qui ne fera pas équipe avec le Belgo-allemand.

Si on n'attend pas grand chose de l'écurie Kollès, c'est tout le contraire pour les deux Ginetta G60 Mecachrome de l'ex-écurie F1 Manor, la BRM de l'équipe Dragonspeed et les deux Dallara SMP Racing, toutes des écuries issues d'un LMP2 dès déforcé puisqu'il n'y aura plus que sept voitures régulièrement inscrites pour le championnat du monde. Mais elles seront rejointes par treize autres LMP2 sur les seules 24 Heures du Mans où le team Jackie Chan DC alignera non moins de quatre protos.

Pas de surprise en GTE où cinq constructeurs s'attaquent au titre mondial avec Porsche, Ferrari, Ford, Aston Martin avec sa nouvelle Vantage (notre compatriote Maxime Martin fera équipe avec Jonny Adam et Alex Lynn) et BMW avec la M8 de MTEK soit dix autos pilotées par des pilotes pros (dont notre compatriote Maxime Martin chez Aston) avec le renfort d'une 488, de deux Corvette usine, de deux Ford et de deux Porsche (avec Laurens Vanthoor et Romain Dumas) mi-juin pour porter le chiffre à 17 GTE, du jamais vu dans la Sarthe où les six usines présentes vont se battre à couteaux tirés.

Pour être complet, on rajoutera encore les neuf GTE-AM participant à l'intégralité de cette longue saison, soit un plateau de 36 voitures pour l'ensemble du WEC (un nombre n'ayant jamais été aussi relevé) et quatre voitures supplémentaires au Mans pour atteindre le chiffre limite de 60 voitures sur la grille avec une liste de huit réservistes.

On signalera encore que les 24 heures ne donneront plus lieu à l'attribution du double de points (mais seulement une fois et demi par rapport à une course de 6h), tandis que le coefficient multiplicateur des 12H de Sebring sera de 1,25.

Enfin, le changement de règlement au niveau des arrêts au stand autorisant désormais les changements de roues et interventions mécaniques en même temps que le refueling devrait redynamiser les « pitstops » et modifier quelque peu les stratégies.

Après une simulation de trente heure au Castellet les 6 et 7 avril, tout ce beau petit monde se retrouvera à Francorchamps les 3, 4 et 5 mai pour les 6H de Spa, manche d'ouverture de cette Super Saison et seule épreuve avant le Mans. Un rendez-vous à ne surtout pas manquer.


© D.R.