Formule 1

Après Austin et en attendant New York et Las Vegas, la F1, contrôlée depuis 2017 par le groupe américain Liberty Media, devrait faire étape à Miami à partir de la saison prochaine: les autorités locales ont donné leur accord de principe jeudi.

Des monoplaces filant à 300 km/h sous des palmiers à quelques encablures des célèbres plages de South Beach, c'est pour demain, ou presque.

La commission municipale de Miami a voté à l'unanimité de ses cinq membres en faveur de la résolution "Formule 1/Circuit de course", soutenue par le maire, Francis Suarez.

"On deviendrait, je crois, la seule ville au monde à avoir la F1 et des équipes des cinq sports majeurs", s'est félicité M. Suarez.

"D'un point de vue économique, c'est une chance incroyable pour notre ville et toute la région de la Foride du Sud, c'est comme si on accueillait le Super Bowl chaque année", a assuré Jose Diaz, représentant du comté de Miami-Dade, en référence à la finale de la Ligue nationale de football américain, événement-phare du calendrier sportif aux Etats-Unis.

Il faut maintenant aux autorités municipales finaliser ses négociations avec Formula One, la société qui détient les droits commerciaux de la F1, et le milliardaire Stephen Ross, propriétaire de l'équipe de football américain des Miami Dolphins, qui sera l'organisateur et promoteur de l'épreuve.

Un pont vers le port

Une fois cet accord trouvé, il sera soumis au vote du conseil municipal de Miami, puis le Conseil mondial de la Fédération internationale de l'automobile (FIA) devra approuver l'inscription de la course au calendrier de la saison 2019, en juin ou en octobre.

Mais vu l'enjeu pour Liberty Media, on voit mal les discussions finir dans le bas-côté.

Pour le groupe américain qui a pris le contrôle de la F1 en déboursant 4,4 milliards de dollars pour succéder au fonds d'investissement CVC Capital Partners, le GP de Miami marque la première étape de ses ambitions.

Il souhaite en effet augmenter le nombre de courses, quitte à réduire leur format, pour toucher de nouveaux publics, hors de l'Europe, aux Etats-Unis d'abord, mais aussi en Asie.

Il veut également plus de courses en ville sur des circuits temporaires, garantie de plus de spectacle en piste.

La proposition de tracé pour le GP de Miami illustre parfaitement cette stratégie: le circuit serpentera dans le centre-ville, sous les fenêtres notamment de l'AmericanAirlines Arena, la salle de l'équipe de NBA du Miami Heat, et empruntera un pont qui mène à Dodge Island, l'île artificielle où accostent les gigantesques bateaux de croisière.

Le tracé ne séduit pas Hamilton

A terme, sont aussi évoquées comme destinations possibles New York, Las Vegas, Long Beach, près de Los Angeles, ou encore Hanoï, au Vietnam, où l'écurie Red Bull a récemment organisé une démonstration.

Par ailleurs, Miami accueillera dès cette année l'un des quatre festivals organisés par la F1, en marge du GP des Etats-Unis, à Austin (Texas), fin octobre.

Le GP de Miami devrait également permettre à Liberty Media de changer le modèle économique des GP et de tourner la page Bernie Ecclestone, l'ancien grand argentier de la F1 qui faisait payer un billet d'entrée pharaonique aux organisateurs.

Les pilotes accueillent favorablement ce projet: interrogés jeudi en marge du GP d'Espagne, ils s'y sont dit favorables, même si certains, comme le Français Esteban Ocon (Force India), s'inquiètent de la charge sur leurs équipes d'un calendrier rallongé.

Le Britannique Lewis Hamilton (Mercedes) n'est, lui, pas convaincu par le tracé envisagé: "Cela pourrait être plus amusant. Je connais Miami assez bien et il y aurait de meilleurs endroits pour une course", a assuré le quadruple champion du monde de F1.