Formule 1 Un accord confidentiel a été conclu avec Minardi pour que notre compatriote roule à Francorchamps. Une excellente affaire!

ENVOYÉ SPÉCIAL EN ANGLETERRE OLIVIER DE WILDE

SILVERSTONE La nouvelle n'est pas encore officielle et risque d'être démentie par les principaux intéressés tenus à la plus stricte confidentialité. Comme l'avaient déjà été nos deux autres scoops annonçant le test de Bas chez Jordan GP puis, trois jours avant le GP d'Australie, sa signature en tant que troisième pilote Minardi.

Et pourtant, c'est la stricte vérité. En creusant un peu, suite à une indiscrétion au sein du team, on a découvert pourquoi Leinders nous a déclaré, jeudi dernier, que ses espoirs de disputer le GP de Belgique de F 1 aux commandes d'une des deux Minardi ne reposaient, officiellement, que sur le forfait pour raisons exceptionnelles d'un des deux pilotes titulaires.

Dix ans après Philippe Adams

Pourquoi cet «officiellement» dans la bouche du Limbourgeois? Parce qu'officieusement, en coulisses, un accord tacite a été conclu entre trois parties: le manager de Bas, Marc Guiot, les responsables du nouveau sponsor du Belge, Goldenpalace, souhaitant frapper un gros coup à Francorchamps, et Paul Stoddart, le patron de la plus petite écurie de F 1. Le tout avec le soutient de Bernie Ecclestone souhaitant donner un petit coup de pouce au nouveau promoteur du GP. Et que dit ce deal ? Que Bas Leinders roulera, quoi qu'il arrive, lors de sa course nationale. «C'est du 100%, nous a-t-on soufflé à l'oreille. Sauf catastrophe nucléaire. On ne sait jamais ce que la vie peut réserver. Regardez ce qui est arrivé au pauvre John Walton.»

Bas montera en piste le vendredi, bien sûr, mais surtout le dimanche pour la course. Fin août, au plus tard, un de nos compatriotes participera à nouveau à un Grand Prix de F 1, dix ans déjà après l'épisode Philippe Adams chez Lotus.

Déjà 250.000 € de tickets

Pourquoi le team refuse-t-il toujours de l'annoncer? Tout simplement parce que le boss australien n'a pas encore trouvé comment libérer un baquet pour l'occasion et surtout n'en a sans doute pas encore averti le pilote concerné. Utilisera-t-il les retards de paiement ou les critiques de Bruni pour respecter son engagement? Invoquera-t-il une autre clause de son contrat? Ou tout simplement trouvera-t-il un accord à l'amiable, moyennant compensation avec le gentil Baumgartner? Peu importe le stratagème utilisé pour arriver à ses fins et Bas à la F 1, le principal est que nous aurons un Belge au départ du GP de Belgique. Stoddart nous a donc joué un grand numéro de comédien lors de notre entretien de jeudi dernier. Et on le comprend. Tout comme on comprend mieux maintenant pourquoi Marc Guiot a déjà réservé 180 tickets week-end (à 1400 euros pièce) dans le village VIP pour le GP de Francorchamps. Même s'il a négocié un bon prix, cela représente un budget de l'ordre de 250.000 euros. Et notre huissier de justice ne serait pas assez fou (ni riche) pour oser investir autant d'argent pour des invités s'il n'avait pas la garantie que son pilote participerait à la fête.

Même si, tenu au secret, il a refusé de confirmer notre information de bonne source, le sourire de Marc Guiot en disait long. «C'est vrai que j'ai acheté pas mal de billets. Disons que je suis confiant, osa-t-il seulement avouer. Je ne suis pas un doux rêveur. Et je suis impatient de me retrouver à Francorchamps. Je crois que Bas mérite sa place en F 1 et je crois aussi, sans pouvoir en dire plus, qu'il sera au départ du GP de Belgique. J'ai un document écrit, signé de la main de Stoddart, stipulant que si Bruni ou Baumgartner ne devait pas rouler ou que ce soit, c'est le réserviste Bas qui monterait dans la voiture.»

Et pour Francorchamps, cela tient plus à une parole. Mais dans la bouche de Stoddart, cela vaut certainement autant qu'un bout de papier. Surtout s'il y a de l'argent à la clé...

© Les Sports 2004