Formule 1

Au lendemain du débarquement du manager français, le Belge et l’équipe anglaise nettoient devant leur porte.

On la jouait profil bas chez McLaren 24 heures après l’annonce du départ d’Eric Boullier avec effet immédiat. Quand une équipe aussi huppée que celle de Woking et son directeur de la compétition se séparent en pleine saison, il n’y a jamais de quoi pavoiser. Mais la spirale négative dont n’arrivent pas à s’extirper les Oranges annonçait tôt ou tard le départ d’une autre éminence de l’écurie anglaise après le directeur technique Tim Goss en début d’année.

Stoffel Vandoorne a pour sa part appris le départ de Boullier peu de temps avant l’annonce officielle survenue mercredi matin. Mais le Belge a eu l’élégance de reconnaître que les maux de l’équipe ne sont pas tous dus au manager français. Car comme en foot, dès que les résultats font défaut, c’est l’entraîneur qui saute. Et c’est l’ancien homme fort de Renault et Lotus au début des années 2010 qui a servi de fusible dans ce cas. « Eric ne tient pas à lui seul la responsabilité des mauvais résultats de McLaren », reconnaît le Courtraisien. « Je ne suis pas surpris qu’il s’en aille et nous comprenons sa décision. Notre début de saison n’a clairement pas répondu à nos attentes malgré l’arrivée du moteur Renault. Maintenant, faire de grands changements apporte toujours du positif. On espère désormais que l’équipe sera enfin sur des rails grâce au nouveau management mis en place. »

Ce nouveau management, c’est la promotion de Gil de Ferran au poste de directeur de la compétition. Ancien pilote et patron d’équipes, le Franco-Brésilien a assuré la direction sportive de l’équipe BAR devenue Honda entre 2005 et 2007. Il est surtout un ami du patron Zak Brown et était présent à Indianapolis lors de la participation de Fernando Alonso à Indy 500. Qu’à cela ne tienne, il ne faut pas s’attendre à ce que le beau-père de Stoffel (sa fille est la petite amie du Belge) remette l’équipe sur le droit chemin d’un coup de baguette magique. Zak Brown en est conscient, le gourou du marketing américain indiquant qu’il faudrait peut-être 10 années supplémentaires avant que McLaren sabre à nouveau le champagne de la victoire.

Dans cette ambiance extraordinaire qui n’est pas sans rappeler les dernières années de l’ère Mayer au tournant des années 80, Stoffel est conscient qu’il y a du pain sur la planche. « Nous avons beaucoup de travail à faire avant de retrouver notre compétitivité », ajoute-t-il. « Nous devons comprendre pourquoi notre châssis a régressé par rapport à l’an dernier. Nous travaillons désormais pour 2019 afin de réaliser de meilleures choses. Nous apporterons néanmoins quelques évolutions supplémentaires à la MCL33 lors des prochaines courses. Mais c’est très difficile de dire quand nous serons à nouveau performants. Il y a déjà une très bonne relation avec Gil de Ferran. Il a une belle influence au sein de l’équipe et son expérience sera très précieuse pour nous tous. »

Et que faut-il espérer pour Silverstone ? « J’espère que nous connaîtrons un meilleur week-end devant notre public après une course difficile au Red Bull Ring. Nous avons montré que nous avions du potentiel en rythme de course, mais après un départ difficile, nous avons été entravés par des problèmes affectant le comportement de notre voiture. J’espère que nous éviterons de connaître de pareils problèmes devant nos fans. »

Une arrivée dans les points, de préférence devant son équipier, serait une belle réponse de la part de Vandoorne vis-à-vis de ses détracteurs qui craignent que son étoile palisse.