Moteurs

Devenu pilote officiel Audi, le Flandrien a réalisé son rêve.

A 31 ans, Frédéric Vervisch, le plus rapide des pilotes Audi l'an dernier lors de la Super Pole des 24H, est enfin devenu pilote officiel, payé par la marque aux anneaux pour rouler. Que ce soit en WTCR avec Comtoyou, en ADAC GT ou ici aux 24 Heures de Spa où il remplace Jules Gounon sur la R8 LMS Saintéloc victorieuse l'an dernier aux côtés des Allemands Marcus Winkelhock et Christopher Haase. « C'est plus qu'un plaisir d'être devenu professionnel, c'est carrément la concrétisation d'un rêve. C'était mon but dans la vie depuis longtemps et j'y suis enfin arrivé. J'ai tellement été habitué par le passé à être déçu. A force tu deviens pessimiste. Mais là j'ai un contrat. Certains matins, je dois encore me pincer pour le croire. »

Malgré la reconnaissance d'un grand constructeur, il n'a pas encore tout à fait la même aura qu'un Martin, Soulet ou Vanthoor. « C'est vrai. J'ai encore besoin de gagner une grande course ou un championnat pour avoir cette reconnaissance du grand public. Mais pour que tout se mette ensemble, pour réussir en sport auto, il faut de la chance. Celui qui prétend le contraire est un menteur. »

Ce grand succès, il pourrait le remporter dimanche à Francorchamps. « On fait effectivement partie de la quinzaine d'équipages pouvant gagner. En tant que tenante du titre, l'Audi Saintéloc pourrait être considérée comme favorite. Sauf qu'il est très rare qu'un même team, quasi même équipage, triomphe deux années de suite. Mais on va essayer. Je me sens à l'aise dans cette structure française moins usine et plus familiale que WRT. J'ai été accueilli chaleureusement. Je suis là pour faire le boulot. J'espère qu'on pourra s'imposer bien sûr, mais je crains que cette année ce soit pour Soulet et Bentley. Ils sont très très rapides...»

Après notre double tour d'horloge, le « Fish » retrouvera son Audi RS3, une traction avant au volant de laquelle il est déjà monté sur quatre podiums en Championnat du Monde de Tourisme cette saison. « Là aussi, j'aimerais bien décrocher une première place. Mais c'est difficile. Nous ne sommes pas encore assez constants. Honnêtement, j'aime bien le WTCR, la bagarre, l'ambiance, mais pas la voiture. Elle ne se comporte pas comme une vraie traction. Parfois on va vite, parfois pas, sans que l'on comprenne pourquoi. Et ce n'est pas uniquement lié à la BOP. On ne sent pas quand on est cinq dixièmes plus rapide. On travaille avec Audi pour améliorer ce point pour 2019. »

D'ici-là, Vervisch espère faire encore l'une ou l'autre pige en GT3. « Peut-être déjà lors des prochaines 10H de Suzuka. Cela doit encore se décider... »