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Ingénieur chez Renault F1, le Nivellois décroche la médaille de bronze et le titre de meilleur rookie dans l’antichambre du World Rallycross. Entretien.

Au début du mois de février, Guillaume De Ridder était en passe d’arrêter la compétition. L’ancien finaliste du volant RACB était en lice pour le volant Skoda en championnat de Belgique des rallyes. En dépit d’avoir réuni toutes les conditions financières et sportives imposées par l’importateur de la marque tchèque, il s’était fait damer le pion par un Achiel Boxoen aux valises mieux chargées en billets.

Heureusement, la passion a repris le dessus et le Nivellois a trouvé refuge dans le championnat international RX2, sorte d’antichambre avant le World Rallycross où roulent des Loeb, Solberg, Block et consorts. Débutant en rallycross, De Ridder marquait les esprits en décrochant plusieurs podiums et terminant à la 3e place au classement final. Ce qui lui permettait également de décrocher le titre de « Rookie of the Year ». « Terminer dans les 3 premiers est inespéré », nous a confié Guillaume. « Je n’imaginais que ça allait aussi bien marcher. J’avais tout à découvrir, notamment les circuits. Ce qui n’est pas facile car nous n’avons que 2x4 tours d’essais pour nous habituer à un tracé. Oui, je suis super satisfait de cette saison en RX2 ! »

Pourtant, cette participation au RX2 ne s’est pas tout de suite affirmée comme une évidence pendant l’hiver. « Tout s’est réellement décidé lors du mois de mars », indique De Ridder. « Il m’a d’abord fallu 2-3 semaines pour digérer l’échec du volant Skoda. Ensuite, je suis rentré en contact avec Zélos en vue d’un programme en rallye. Mais cela ne les arrangeait pas car le rallye n’est pas leur domaine de prédilection. Et puis, l’opportunité du RX2 s’est présentée, ce qui correspondait à leur cible vu qu’ils gèrent l’organisation du WorldRX à Mettet et de la SRX Cup. Et j’ai finalement débuté à Mettet pour le coup d’envoi du championnat. »

De Ridder a ainsi visité quelques circuits mythiques du rallycross comme Trois-Rivières (Canada) ou Lohéac (Français). Si la bagarre fait rage sur la piste avec de nombreux contacts, Guillaume est enchanté de cette expérience dans cette série où nombreux espèrent rejoindre des légendes comme Loeb ou Solberg dans un futur proche. « L’ambiance en RX2 est formidable, bien meilleure qu’en karting ou en rallye. Par exemple, le champion Cyril Raymond n’a jamais hésité à montrer ses acquisitions de données ou ses caméras embarquées à d’autres concurrents. C’est une complicité que j’adore, et le public le ressent. Résultat, l’atmosphère sur un circuit de rallycross est souvent très grisante ! »

En conséquence, le mauvais sketch du volant Skoda n’est plus qu’un lointain souvenir. « Je ne regrette pas du tout d’avoir perdu face à Boxoen. Je peux même remercier Skoda parce que j’ai gagné au change en découvrant une discipline qui répond totalement à mes attentes. Avec le close racing qui me rappelle le karting et les passages en glissade dans la terre comme en rallye, j’ai trouvé le meilleur des deux mondes. Et puis, j’ai rencontré des personnes exceptionnelles comme Freddy Tacheny et Koen Pauwels. Et ça, cela n’a pas de prix ! »

L’objectif pour 2018 sera évidemment de rempiler en RX2 et se battre pour le titre. Résident désormais en région parisienne en raison de ses activités d’ingénieur chez Renault F1, Guillaume De Ridder ne va pas chômer l’an prochain. « Cela sera effectivement une grosse année puisque je vais passer mon temps à faire la navette entre Viry-Châtillon et les circuits. A vrai dire, je prends mes congés en fonction de mes week-ends de course. Ce qui, pour l’anecdote, arrange plutôt bien Renault parce que je ne prends pas de longues semaines de vacances et serai ainsi plus fréquemment à l’usine ! »

Pour la petite histoire, Guillaume De Ridder retrouvera un ancien rival en karting, un certain Stoffel Vandoorne, dont la McLaren sera propulsée par un V6 du losange en 2018. Une façon de boucler la boucle, d’une certaine manière…