Moteurs Notre Monsieur Le Mans national appelle de tout coeur à un premier succès du constructeur japonais dans la Sarthe.

Ambassadeur pour le groupe Volkswagen dont fait partie Porsche ainsi que pour l’horloger Chopard, voir Jacky Ickx en faveur d’une victoire des anciens rivaux Toyota cette année peut faire sourire. En grand seigneur du Mans, celui qui s’est imposé six fois dans la Sarthe a toujours un avis éclairé sur l’endurance.

En l’absence d’une vraie concurrence cette année, les actions du constructeur japonais sont plus que jamais favorables pour un premier succès dans la Sarthe. De là à dire que les TS050 ont plus à perdre qu’à gagner… « J’espère de tout coeur qu’ils vont enfin gagner cette année », explique Jacky Ickx. « Ils ont clairement joué de malchance ces dernières années. Une de 24 heures n’est jamais facile, peu importe les adversaires auxquels vous faites face. Si Toyota rate encore la victoire cette année, cela serait très douloureux pour eux mais aussi pour de nombreux fans de l’équipe. »

S’il n’était pas rare de voir des pilotes cumuler plusieurs programmes jusque dans les années 70, voir Fernando Alonso disputer de front la Formule 1 et le Championnat du Monde d’Endurance est un cas unique en 2018. Pas le genre de chose qui émeut Jacky cependant. « J’ai déjà parlé plusieurs fois avec Fernando mais nous ne faisons aucun parallèle entre nos époques et les double-programmes en compétition. Tout simplement parce qu’il n’était pas encore né quand je courrais et que les temps ont changé. Un bon pilote est rapide sur tout. Je ne suis pas étonné par ses performances. Le vrai miracle est pour moi McLaren qui l’a laissé faire. C’est exceptionnel quand on sait que Sebastian Vettel est pieds et poings liés chez Ferrari. »

Jacky Ickx a assisté à la présentation des contours du règlement 2020/2024 avec l’arrivée des Hypercars puis des voitures à hydrogène aux 24 Heures du Mans. Si certains anciens sont plutôt en faveur d’un retour en arrière, le Bruxellois est partisan d’un bond vers le futur pour la classique mancelle. « Il est capital que Le Mans se réinvente pour continuer à rencontrer du succès. Il faut aller vers plus de progrès et de sécurité. Le passé, c’est le passé. J’estime par exemple que le record de 407 km/h de Roger Dorchy dans les Hunaudières appartient au rang des souvenirs. Aujourd’hui, les 24 heures sont un sprint du départ à l’arrivée. Le temps où je devais ménager mes efforts et ma voiture sont révolus. De toute façon, c’est le public qui sera l’arbitre de cette nouvelle réglementation. Si les fans suivent, alors cela ne sera que du positif. »

Grand Marshal de cette 86e édition, il pilotera la Porsche 911 Turbo qui servira de leading car pour le tour de formation. Et pour Jacky, mener la meute lors du tout premier tour de l’épreuve lui permettra d’accomplir une tâche bien particulière. « Au moins, j’aurai l’honneur d’être le premier pilote à avoir devancé la Toyota de Fernando Alonso samedi après-midi ! »

Même si Porsche n’est plus en LMP1, ce sera ainsi une voiture de Stuttgart qui mènera le tout premier tour des 24 Heures du Mans 2018. Grâce à Jacky Ickx !