Moteurs

Le pilote Skoda BMA signe sa 3e victoire à Huy au terme d’une épreuve à l’élimination. Récit d’un week-end tourmenté.

Oubliées, les éditions 2015 et 2016 laborieuses au volant de la Peugeot 208 T16 ! Kris Princen a retrouvé les lauriers de vainqueur au Rallye du Condroz. Le géant de Saint-Trond s’impose pour la 3e fois en bord de Meuse, son dernier succès remontant à 2014 avec une Subaru Impreza S14. A vrai dire, il n’y en a eu que pour le leader de l’équipe BMA pendant le week-end. Princen a pris la tête du rallye dès l’ES4 de Wanzoul et n’a plus jamais quitté le commandement.

Après avoir signé 6 scratches samedi, le Limbourgeois a maintenu un rythme élevé, mais ne réalisait qu’un seul meilleur chrono. Ce qui ne l’a pas empêché d’augmenter son avance au fil des spéciales. Au final, Kris s’impose avec 27 secondes d’avance sur ses poursuivants. Une belle revanche pour Princen qui avait été chahuté chez Peugeot ces 2 dernières saisons, avant de prendre un nouveau départ avec la Skoda Fabia R5. S’il loupe de peu le titre face à Vincent Verschueren, Kris n’est nullement déçu de sa saison, lui qui aura remporté un total de 4 rallyes en 2017.

Kevin Abbring peut s’estimer heureux d’être sur le podium. Après l’ES7 de Perwez-Marchin, l’embrayage de la Peugeot 208 T16 du Hollandais faisait des siennes. Mais le team DG Sport Compétition est parvenu à faire des miracles en changeant la pièce défectueuse ainsi que la boîte, les amortisseurs et le différentiel en l’espace de 30 petites minutes ! Copiloté par Pieter Tsjoen, le pilote Peugeot Belgique-Luxembourg pouvait poursuivre sa route, et allait se maintenir dans le Top 3 pendant le reste de l’épreuve. La médaille d’argent est une belle récompense pour les lions, qui ont mangé pas mal de pain noir lors des deux éditions précédentes.

Mais un des hommes les plus heureux dans la région de Huy est assurément Vincent Verschueren. En cas de victoire de Princen, le Flandrien pouvait se contenter d’une 4e place pour décrocher son 1er titre de champion de Belgique des rallyes. En montant sur la 3e marche du podium, la mission est plus qu’accomplie pour le pilote à la Skoda Fabia R5 frappée du numéro 46 cher à Valentino Rossi. S’il n’a jamais pris la tête du rallye, Verschueren s’est mis en évidence à plusieurs reprises en signant notamment 2 scratches. Chapeau !

Jamais auteur du moindre scratch mais faisant preuve d’une belle régularité, Adrian Fernemont est récompensé par une belle 4e place. S’il était plus en difficulté lors des spéciales nocturnes disputées samedi en glissant hors du Top 5, le pilote Ford allait réintégrer le quinté de tête dimanche à l’aube. Il échoue certes au pied du podium, mais le régional de l’étape peut être très fier de son parcours.

Un autre pilote qui peut être satisfait de son rallye est Bruno Thiry. Handicapé par sa position de départ parmi les premiers samedi, le quadruple vainqueur du Condroz est progressivement monté en puissance pour intégrer à sa grande surprise le Top 5 dès samedi soir. S’il occupait la 6e position dimanche matin, les ennuis de Manu Canal-Roblès lui permettait de réintégrer le Top 5 qu’il ne quittera plus jusqu’à l’arrivée. Pour son retour au volant d’une voiture puissante qu’est sa DS3 R5, Thiry a démontré qu’il était toujours là.

Sixième place pour Bertrand Grooten, qui se sera montré particulièrement performant lors de la 2e journée. Malgré une sortie dans le dernier passage d’Amay, Xavier Bouche (Skoda Fabia R5) termine 7e. L’Allemand Mark Wallenwein (Skoda Fabia R5) prend une honorable 8e place. Déception dans le fief de Kevin Demaerschalk (Citroën DS3 R5) qui ne prend que la 9e place. Après un début de rallye agité où il aura dû composer avec un capot baladeur dans les 2 premières spéciales, Cédric De Cecco (Peugeot 208 T16) termine 10e.


Les favoris tombent comme des mouches !

Si bien malin était celui qui aurait pu deviner le tiercé final de ce Rallye du Condroz 2017, un écrémage a rapidement eu lieu parmi les différentes têtes d’affiche. Après le forfait de Ludovic Sougnez (Ford Fiesta R5) suite à sa sortie lors du Shakedown, c’est Michaël Albert (Skoda Fabia WRC) qui disparaissait en effectuant une impressionnante série de tonneaux dans l’ES3 de Forseilles. Le Stavelotain s’en tire sans gros bobo.

Ghislain de Mévius (Skoda Fabia R5) jetait ensuite le gant lors de l’ES4 de Wanzoul. Le pilote BMA freinait trop tard dans un virage et allait percuter un talus pour partir en tonneaux. Le Brabançon et son copilote Johan Jalet sont indemnes, mais on peut s’en vouloir dans le fief de Mévius, qui menait le rallye depuis la 1ère spéciale ! Les malheurs du team BMA n’allaient pas s’arrêter là puisque Guillaume Dilley (Skoda Fabia R5) abandonnait ensuite à son tour sur bris de transmission. Un autre héros malheureux de samedi était Cédric Cherain, dont la Citroën DS3 R5 refusait tout service suite à une panne d’alternateur avant le départ de l’ES10 de Villers-le-Bouillet. Comme en 2016, la dernière spéciale de samedi aura tourné le dos au Fléronnais alors que ce dernier était 2e du classement général.

Et la course à l’élimination allait se poursuivre dimanche. Dès le 1er passage dans Ramelot, Yves Matton partait à la faute et endommageait un amortisseur sur sa Citroën C4 WRC. Exit le boss de Citroën Racing. L’ES13 d’Amay allait être fatale pour Guillaume de Mévius (Peugeot 208 T16) et Manu Canal-Roblès (Skoda Fabia WRC). Le cadet de la fratrie de Mévius perdait le contrôle de sa Peugeot et allait finir sa course dans un poteau, heureusement sans gravité pour l’équipage qui était à une belle 7e place au général. Alors qu’il était à une superbe 3e place au général, un problème électronique avait finalement raison de Canal-Roblès. Enfin, François Duval capitulera sur bris d’amortisseur après l’ES15 de Ramelot. Dommage pour « Dudu », qui ne gardera pas un souvenir impérissable de ce Condroz 2017.


Bedoret à qui gagne perd (Junior), Wartique surprend (GT)

Sébastien Bedoret (Peugeot 208 R2) conclut sa saison en beauté avec une victoire dans le classement réservé aux Juniors. Après avoir débuté au Condroz il y a 2 ans, le pilote de Donstiennes a prouvé une fois de plus qu’il faisait partie des espoirs les plus solides en rallye belge.

Mais cela ne suffit toutefois pas au jeune pilote de 22 ans pour empêcher Guillaume de Mévius d’être champion dans la catégorie. Pour damier le pion au Brabançon, Bedoret devait gagner et signer le scratch dans au moins 14 spéciales sur 18. Malheureusement, les neutralisations auront eu raison des espoirs du Hennuyer, mais qui est nullement déçu sachant qu’il pris le train du BRC en cours de route. Pierre Vauterin (Peugeot 208 R2) et Niels Reynvoet (Ford Fiesta R2) complètent le tiercé chez les Juniors à Huy.

Non content d’offrir aux spectateurs de généreuses glissades, John Wartique a remporté le classement R-GT faisant la part belle aux Porsche 911 GT3. Presque débutant au Condroz, le pistard a réalisé un dimanche sage et a profité des abandons de Francis Lejeune (ES2, transmission) et Fred Bouvy (ES16, boîte) pour s’imposer. Le Liégeois se hisse même dans le Top 20 au classement général.


Classement final : 1. Princen en 1:52:37.6 ; 2. Abbring (+ 0:27.2) ; 3. Verschueren (+ 0.42.5) ; 4. Fernemont (+ 0.54.1) ; 5. Thiry (+ 0:55.2) ; 6. Grooten (+ 1:32.3) ; 7. Bouche (+ 2:26.1) ; 8. Wallenwein (+ 2:41.5) ; 9. Demaerschalk (+ 2:56.9) ; 10. De Cecco (+ 4:39.7) ; etc.