Moteurs

Une saison de 21 courses avec une toute nouvelle Mygale-Renault à un peu plus de 110.000 euros HTVA.

Depuis vingt-cinq ans maintenant, la FFSA Academy permet à des pilotes de plus en plus jeunes de débuter en sport automobile à des coûts réduits. Pas mal d'espoirs français tels que Jean-Eric Vergne, Loïc Duval, Romain Dumas, Stéphane Sarrazin, Kevin Estre, Pierre Gasly (pilote Toro Rosso en F1) ou Sacha Fenestraz (champion 2017 en Eurocup FR2.0), mais aussi des Belges tels que Benjamin Bailly (lauréat en 2009) et notre pilote McLaren F1 Stoffel Vandoorne (vainqueur en 2010) ont fait leurs débuts dans cette « académie » française où pilotes mais aussi mécaniciens apprennent leur métier.

Après une évolution essentiellement aérodynamique en 2017 de châssis Signatech datant tout de même de 2008, la FFSA Academy franchit un gros pas supplémentaire en remplaçant toute sa flotte par des nouvelles Mygale F4 (avec beaucoup moins d'appui que les autos 2016 mais des pneus plus larges) propulsées par un moteur Renault 2 litres quatre cylindres atmosphérique avec une puissance toujours bridée à 160 chevaux permettant tout de même d'atteindre 217 km/h. De quoi obtenir le label de championnat F4 FIA comme dans une dizaine d'autres pays.

Mais l'Académie française garde sa spécificité d'école basée au Mans avec des stages où les pilotes apprennent toutes les facettes du sport auto (nutrition, assurance, mécanique, mental, entraînement physique) et surtout des voitures identiques toutes préparées au Mans et assistées par une équipe mêlant mécaniciens et ingénieurs professionnels à des apprentis rêvant eux aussi de travailler pour des grands teams dans le futur.

Les voitures sont tirées au sort en début d'année, les pilotes de 14 (il faut avoir 15 ans dans l'année) à 20 ans (il n'y a pas de réelle limite) disposent du même matériel et d'un train neuf de pneus Kumho (à confirmer car Pirelli pourrait faire une offre) pour la qualification et les trois courses au menu des sept meetings. A eux de les gérer au mieux.

Autre gros avantage : le travail avec des ingénieurs souvent issus de la FR2.0 et la possibilité pour chacun de comparer ses datas avec celles du plus rapide. Une manière efficace pour apprendre et évoluer plus vite.

Le calendrier aussi est alléchant et un gros plus avec, pour 2018, trois pistes utilisées par la F1 dont, très important pour les Belges, Francorchamps mais aussi Barcelone et le Castellet. Sans oublier que Magny-Cours et Dijon (remplaçant Monza) ont été le théâtre jadis de GP de France. On y ajoute une ouverture lors des très populaires Coupes de Pâques de Nogaro et une escale dans les rues de Pau, sorte de Monaco de la discipline où les jeunes loups côtoient les pilotes de F3.

La majorité des meetings ont lieu dans le cadre du championnat de France FFSA très bien organisé par SRO. La joute espagnole se dispute même en même temps que la Blancpain Endurance.

Et puis surtout, même si le budget nécessaire a doublé en huit ans, il reste le moins cher d'Europe pour rouler dans un championnat F4.

A titre comparatif, l'Italie ou l'Allemagne coûtent le double pour des performances (avec une Tatuus-Abarth) à peine supérieures. L'Espagne est moins chère mais ne peut atteindre les tarifs de la France grâce au gros soutien de la Fédération (FFSA) mais aussi à des jeunes mécaniciens bénévoles.

Pour disputer le championnat de France F4, il faut compter un budget réel – sans surprise - tout compris (même la casse) de 150.000 euros HTVA. Il y a 105.000 HTVA d'engagement pour disposer de la voiture et de tout le service (y compris la communication), comptez 8000 d'assurance, 25.000 euros pour 6 à 7 journées de tests (deux sont offertes), 10.000 de dégâts et vos frais de voyage et vous y êtes.

C'est déjà beaucoup d'argent certes, mais le sport auto coûte cher. Et cela tourne tout de même plus vite que des GT4, TCR, Clio ou 308 Cup. Notez, et c'est encore une bonne chose, que les essais sur les circuits du championnat sont interdits à partir du 1er avril.

Les pilotes étrangers tels que Yifé Yé, sacré en 2016, peuvent (ce n'est pas une obligation) être scolarisés au Mans avec les Français. Et puis surtout la F4 FFSA Academy propose une sacrée carotte à son vainqueur : outre un test en FR2.0 (pour les quatre premiers en fait), le champion bénéficie d'une bourse de 100.000 euros pour monter en Eurocup et est intégré à la Renault Driver Academy, la filière F1. De quoi véritablement lancer sa carrière !

Un bémol tout de même : les essais libres sur chaque circuit sont limités à une demie heure. Trop peu pour des jeunes débutants pour apprendre des pistes comme Pau, le Castellet ou Francorchamps.

Les redoublants possèdent donc un avantage. Mais sans une grosse bourde lors du dernier meeting, c'est tout de même un rookie, le jeune champion du monde de kart Victor Martins (sacré en Junior), qui aurait été sacré à la place du méritant Arthur Rougier.

La nouvelle voiture peut-être testée sur le circuit Bugatti pour un budget d'environ 3500 euros pour cinq sessions de 25' avec tout l'encadrement nécessaire. Assez déjà pour se faire une idée des aptitudes d'un pilote.

On est déjà sûr qu'un Belge au moins disputera la saison 2018 avec de réelles ambitions de succès puisque le lauréat du Volant monoplace RACB (les 6 finalistes se retrouveront les 28 et 29 de ce mois au Mans) se verra offrir une saison complète dans la compétition qui a servi de tremplin il y a sept ans déjà à notre Stoffel Vandoorne.

On n'a donc pas fini de parler de la F4 française en Belgique. En regrettant de ne pas voir poindre à l'horizon un championnat F4 Benelux...