Le fiasco du karting belge

Thomas Bastin Publié le - Mis à jour le

Moteurs

La première manche du championnat de Belgique annulée

BRUXELLES Le championnat de Belgique de karting n’aura pas lieu. En tout cas, pas dans la version prévue. Après avoir donné les clés à un nouveau promoteur, Limburg Karting, le RACB Sport n’a pu que constater un manque cruel de concurrents engagés pour la première épreuve, qui aurait dû avoir lieu à Genk ce week-end.

“Comme tous les championnats nationaux, la Belgique souffre du malaise qui frappe les catégories internationales, soit la KF2, la KF3 et la KZ2” , affirme Mathieu Remmerie, le karting manager du RACB. “Nous cherchons une solution alternative pour voir comment nous pourrions attribuer les titres de champion de Belgique dans les classes concernées. Mais nous avons décidé, en accord avec le promoteur, de ne pas organiser la première épreuve.”

En clair, l’ultime solution consisterait à mettre sur pied un championnat national en un seul meeting. Et tant pis pour les pilotes, surtout les jeunes, qui ont bien besoin de rouler pour parfaire leur formation.

S’il est vrai que les catégories KF n’ont plus la cote au niveau national (les compétitions espagnole, française ou britannique souffrent également), ce n’est assurément pas le seul point qui peut expliquer l’échec du championnat de Belgique. Pardon, du BNL Belgian Open, le nouveau nom donné à notre championnat national.

Une dénomination confondue par de nombreux étrangers avec... la BNL Karting Series, une compétition principalement articulée autour du moteur Rotax Max et organisée par le même promoteur... qui est aussi l’importateur belge de la marque Rotax. Avouez qu’au niveau clarté, on pouvait faire mieux !

Comme nous l’écrivions lors de l’annonce officielle, le nouveau promoteur ne fait pas l’unanimité, de nombreux acteurs du karting belge reprochant à Koen Lemmens et à son équipe de multiplier les casquettes et les intérêts. Un élément dont la fédération belge n’a pas voulu tenir compte à l’époque. Pas plus qu’elle n’a pu jouer un rôle d’arbitre neutre lorsqu’il fallait trouver un accord avec les organisateurs des épreuves à Mariembourg. Car l’absence de la plus belle piste de Wallonie dans le calendrier n’a pas non plus contribué à attirer des pilotes. Quant au travail de promotion, il fut loin d’être irréprochable.

Depuis l’annonce du nouveau promoteur, aucune communication à la presse n’a été effectuée. Sur le site officiel du championnat, la dernière news – en anglais ! – date du 7 février. Et le règlement sportif dans sa version française n’a jamais été entièrement traduit (la deuxième moitié est en néerlandais). Pas top, pour un championnat majoritairement fréquenté par des... francophones !

Ajoutez à cela le nouvel article 18, mis sur pied par la Fédération internationale, et interdisant aux jeunes pilotes de moins de 13 ans de rouler en dehors de leur pays (ce qui prive la compétition belge de nombreux Néerlandais et Luxembourgeois), et vous avez l’ensemble des éléments ayant conduit à cette situation rocambo- lesque.

Non, le karting belge et nos jeunes pilotes, dont la Fédération semble oublier qu’ils devraient être nos champions de demain, ne méritaient pas cela !



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