Moteurs

Le promoteur Chris Courteyn voudrait réduire le nombre d'épreuves du BRC mais ce n'est pas simple.

Si l'on en juge à la qualité du plateau du Rallye du Condroz avec 158 équipages engagés, plus de 20 R5, 4 WRC et encore deux candidats au titre, le Championnat de Belgique des rallyes se porte super bien. Pourtant, tout n'est pas rose. Ils ne sont finalement que trois à avoir eu les moyens de jouer la couronne, seul Vincent Verschueren participant aux neuf épreuves. 

Pour pouvoir avoir le double voire le triple de prétendants, pilotes et importateurs réclament une diminution des coûts passant par une réduction du nombre d'épreuves à six maximum sept. Mais comment et sur quelle base écarter deux voire trois organisations ? Ce n'est pas simple. Une grande discussion va à nouveau avoir lieu prochainement sur le sujet. Nous l'avons anticipée en discutant avec le promoteur du championnat Chris Courteyn nous expliquant bien la complexité de la situation actuelle.

Chris, neuf manches pour le championnat de Belgique des rallyes, cela fait des années que tout le monde dit que c'est trop...

"Ce n'est pas ce que je veux non plus. A chaque réunion je remets le sujet sur la table. Mais je ne suis que le promoteur. Le RACB ne me donne pas le pouvoir de dire qui doit sortir. J'ai essayé de changer, en vain."

Pour quelle raison selon vous la fédération refuse d'élaguer ?

"Le discours de Xavier Schène, directeur du RACB Sport, est très simple. Le président de l'organisation de Roulers vient par exemple de démissionner. Et le salut de l'une ou l'autre épreuve dépend d'une seule personne. Si elle tombe malade, c'est terminé. On peut donc craindre que si l'on écarte l'un ou l'autre et puis que dans la foulée un ou deux disparaît naturellement on se retrouverait avec seulement quatre ou cinq grands rallyes."

On avait évoqué voici quelques années déjà une solution avec la renaissance d'un championnat de Division 2, l'équivalent du National de l'époque. Pourquoi ce projet n'a-t-il pas abouti ?

"C'était la grande idée de mon ex-associé Alain Penasse. Avec des épreuves comme Courtrai ou Wervick qui sont déjà plus grands que certains rallyes de D1, c'était tout à fait réalisable. Le problème est que lorsqu'on a présenté ce projet aux organisateurs ils ont répondu de manière unanimes que s'ils retombaient en D2 ils arrêtaient de suite. Ils étaient aussi contre le système de l'ascenseur, tout comme l'idée d'organiser une année sur deux. Ils craignent de ne plus recevoir les autorisations communales s'ils font un break. La plupart ne seraient plus motivés d'organiser au niveau provincial."

Néanmoins, le championnat belge se porte plutôt bien...

"C'est un des meilleurs d'Europe. Depuis quatre ou cinq ans, le nombre de voitures de pointe présentes sur tous les rallyes ne cesse d'augmenter. On a une moyenne de 14 ou 15 R5 sur chaque course. OK, il n'y a peut-être que trois pilotes au final qui jouent le championnat mais était-ce différent à l'époque de Snijers, Droogmans et Duez ? Et puis c'était il y a trente ans, avec le soutien des cigarettiers. A l'époque il n'y avait pas de voitures électriques sur les routes. Les temps changent. Economiquement aujourd'hui ce n'est plus possible de faire 9 courses. A 40.000 ou 45.000 le rallye, faites les comptes."

Avec six rallyes, ce serait nettement mieux, on aurait au moins le double de candidats au titre...

"Sur le papier, oui. Même si 80% des pilotes démarrent l'année avec un budget pour faire trois épreuves. Vous savez, on a eu une réunion avec tous les importateurs et on leur a posé la question suivante. Si on trouve le moyen de faire un championnat de Belgique sur six courses êtes vous prêt à vous engager pour trois ans ? Et bien aucun n'a répondu positivement. Donc au final pourquoi changer ? D'autant que cela marche pas mal finalement. Aujourd'hui, les pilotes doivent désigner 8 épreuves sur les neuf et sept résultats comptent. Si ils le souhaitaient, ils pourraient se mettre d'accord entre eux, sans nous, et décider qu'ils ne se présentent tous au départ que de sept courses identiques. Ce serait simple. Mais chacun a des intérêts différents. Kris veut être présent chez lui au Haspengouw, Pieter à Roulers ou au TAC, Cédric Cherain à l'East Belgian. Chacun fait son programme en fonction de sa région, de ses sponsors, des dates parfois."

Pourquoi alors ne pas garder neuf épreuves mais dire qu'il faut en désigner sept et que six résultats comptent ?

"Car alors on verrait certains favoris s'éviter, venir sur les plus petits rallyes où il n'y a pas grand monde pour marquer des gros points. Les candidats au titre pourraient avec ce système ne se rencontrer qu'à trois reprises. Ce ne serait pas l'idéal non plus."

En TCR par exemple, les candidats au titre sont plus nombreux et réguliers ?

"Vous préfèreriez peut-être un championnat de Belgique avec six ou sept voitures identiques présentes partout et des plateaux squelettiques? Nous pas. La majorité des rallyes réunit 80 à 90 voitures, certains comme Ypres ou le Condroz plus de 100. Beaucoup de pilotes trouvent des sponsors grâce à une bonne couverture télévisée. Les audiences sont énormes. Chaque petite vidéo que l'on poste sur notre site ou notre page Facebook est visionnée par 100.000 personnes. Sur le Condroz, on va atteindre les 300.000 vues sur FB. Il y a vingt fois plus de retombées en Belgique pour le rallye que pour le circuit. Cette discipline reste de loin la plus populaire dans notre pays."

C'est effectivement un peu le problème pour le TCR. Comment y remédier ?

"J'ai proposé aux organisateurs du TCR un plan pour avoir une vraie bonne couverture télévisuelle. On m'a répondu qu'ils n'avaient pas de moyens et voulaient d'abord avoir un championnat fort avant d'investir dans la télévision. Mais c'est l'inverse qu'il faut faire. Comment voulez vous que vos pilotes trouvent des partenaires s'il n'y a pas de spectateurs et très peu de visibilité dans les médias ?"