Loix : “Lara me met la pression !”

Interview > Olivier de Wilde Publié le - Mis à jour le

Moteurs

De retour chez Peugeot, Freddy vise un huitième succès à Ypres, le premier de son équipière

YPRES Même s’il réside sur la Côte d’Azur, au Plan-de-laTour, depuis que Marlboro a veillé à sa bonne santé rallystique, Freddy Loix se sent toujours un peu dans son jardin dans la région du Westhoek où il a déjà cueilli sept fois les lauriers. Un record que le Limbourgeois d’origine espère bien encore battre cette fin de semaine. Mais avec une 207 S2000 privée, ce sera dur cette année face aux Skoda d’usine des deux derniers champion IRC, Andreas Mikkelsen (2001) et Juho Hanninen (2010).

“Je savais bien en choisissant Peugeot plutôt que de rester chez Skoda que ce serait plus difficile pour Ypres,” reconnaît bien volontiers le toujours Fast Freddy. “Mais c’est un sacré challenge. Je sens que l’équipe française 2C Compétition est super motivée. On a même reçu pour cette course le soutien de Peugeot Sport (mais rien de l’importateur belge) et de la Sodemo qui nous ont bien aidés lundi dernier encore, lorsqu’on a cassé notre moteur en tests.”

Votre team français est comparable à Kronos ?

“Non, c’est plus petit. À l’époque, Kronos était plus proche de l’usine. Mais la différence ici est qu’il n’y a pas de politique. Tout ce que je demande, je le reçois. Je suis leur pilote prioritaire.”

Quels seront vos principaux rivaux ce week-end ?

“Les trois Skoda officielles de Mikkelsen, de Hanninen et de Tsjoen qui connaissent déjà bien le parcours. Pour les battre, je vais devoir partir le couteau entre les dents et rouler constamment à 100 % sans commettre d’erreurs. Disputer le championnat de France où je me bats régulièrement face aux autres 207 S2000 de Bouffier et de Robert m’a permis de garder un bon rythme. N’ayez crainte, je serai directement dans le coup.”

La récente série noire en rallye avec plusieurs accidents mortels, le dernier samedi avec la disparition de l’équipier Gareth Roberts, vous fait-elle réfléchir ?

“Oui, mais pas dans le sens où vous pourriez l’imaginer. Je n’ai pas peur pour moi. Le jour où je penserai que cela peut m’arriver, il sera temps que je raccroche. Mon équipière Lara Vanneste connaissait le copilote décédé en Sicile. Elle m’en a parlé. Je lui ai répondu: ‘Désolé, chérie, mais cela fait 22 ans que je fais ce métier et cela fait partie du cirque’. Ces malheureux événements ont surtout révélé pour moi la triste mentalité belge de la presse grand public. Cela m’a choqué de voir Pieter Tsjoen invité dans une émission populaire sur Canvas après l’accident tragique de Bocholt. Ces télévisions ont tellement peu de choses à raconter, elles cherchent n’importe quoi pour faire de l’audience. C’est lamentable. Au lieu d’inviter un jeune comme Thierry Neuville pour parler de manière positive de notre sport. Il n’y a qu’en Belgique que l’on voit cela. Dans les autres pays, on ne s’acharne pas autant sur les accidents.”

Parlez-nous de votre nouvelle copilote, la toute jeune Lara Vanneste...

“C’est une très bonne équipière. Elle est très forte dans l’auto. On se complète bien. En plus, on vient quasi de passer 3 semaines ensemble et elle est de bonne compagnie.”

Qu’en pense votre femme Els ? Pas trop jalouse ?

“Non, elle sait bien que Lara est meilleure qu’elle pour lire les notes ! Et que je préfère les femmes de mon âge ! Lara a 22 ans. Elle pourrait être ma fille.”

Vous aimeriez bien lui offrir son premier succès à Ypres ?

“J’ai plutôt intérêt ! Elle a envie et elle me met beaucoup de pression. (rires) Mais sincèrement, je veux d’abord gagner une huitième fois pour moi-même. Ensuite pour mon équipe, BFO et, bien sûr, aussi pour Lara.”



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