Moteurs L’Italien, sacré dimanche sur les terres de Jeffrey Herlings, n’est plus qu’à un titre du record du pilote belge

C’était inéluctable. Et si Jeffrey Herlings a reculé tant qu’il a pu l’instant du sacre d’Antonio Cairoli, s’offrant son GP et une fin de saison tonitruante, l’Italien a, à 31 ans, conquis ce dimanche à Assen, sur les terres mêmes de son dernier rival, la neuvième couronne de sa longue et fructueuse carrière. Devant les fans du Néerlandais, il s’est même permis de mener cette première manche pour ne s’incliner finalement que par le plus petit écart. Une seconde place largement suffisante pour faire sauter les bouchons de champagne !

Que de chemin parcouru pour ce petit Sicilien que l’on découvrait en 2004 sur les hauteurs de la citadelle de Namur où il s’imposait en MX2 dans le même temps où Stefan Everts récoltait un 11e succès dans la classe supérieure. Everts-Cairoli : qui pensait alors que la trajectoire des deux champions serait identique alors que le Belge était bourré de classe et l’Italien bourreau de travail. Antonio comprit vite que pour tutoyer les sommets il devait s’astreindre à de multiples sacrifices. Le premier fut de quitter son île pour s’expatrier dans le Limbourg et tourner inlassablement dans les sables de Lommel, le circuit le plus exigeant de la planète cross. À force, il devint, comme Everts, mais moins qu’Herlings, un vrai spécialiste de la silice, condition sine qua non pour devenir une star. Dès 2005, il était champion du monde et aurait pu collectionner les titres dans cette catégorie si quelques blessures malvenues n’avaient perturbé l’une ou l’autre saison. C’est que son style restait acrobatique, flirtant avec la ligne rouge où il n’évitait le crash que grâce à une étonnante souplesse digne d’un gymnaste.

Petit à petit l’audace affichée en piste se projeta aussi sur ses choix techniques. Alors que ses concurrents chevauchaient des 450cc, il n’hésita pas à choisir une 350cc, moins puissante sans doute, mais plus adaptée à son style. Ce fut payant et les titres MX1 et MXGP tombèrent dans son escarcelle les uns après les autres au point qu’aujourd’hui il rêve d’égaler les 10 titres mondiaux d’Everts, voire de les dépasser. Malgré l’âge, il en est capable, mais pour cela il faudra à l’avenir vaincre un certain Jeffrey Herlings…