Moteurs

Le Vénézuélien fait son grand retour en compétition avec l’équipe Dragonspeed en LMP2.

Il nous avait manqué. Depuis son éviction de chez Renault (ex-Lotus) début 2016, Pastor Maldonado s’était fait discret. Nous l’avions vu seulement sur l’un ou l’autre Grand Prix. Mais en bon père de famille, Crashtor n’a pas perdu son temps. « J’ai profité de cette période un peu creuse pour agrandir la famille », a sourit le Sud-Américain, interrogé par La Dernière Heure – Les Sports.

Aujourd’hui, le Vénézuélien retrouve les feux des projecteurs en roulant en FIA WEC. Il a trouvé refuge sur une Oreca LMP2 de l’équipe Dragonspeed qu’il partage avec Roberto Gonzalez et Nathanaël Berthon. Et a contrario de sa situation en Formule 1, le vainqueur du Grand Prix d’Espagne 2012 arrive en compétition sans débourser le moindre centime. « Je n’ai aucun sponsor et je n’ai aucun soutien financier de mon pays comme c’était le cas auparavant. », poursuit-il.

Il est vrai que le Venezuela a coupé les vivres avec la chute du prix du pétrole, Pastor ayant vu sa carrière généreusement financée par les pétro-dollars de PDVSA. Sans oublier la crise économique grave qui frappe le pays avec une inflation galopante. « La situation de mes compatriotes est difficile », explique cet auto-proclamé socialiste à ce sujet. « Mais au vu du climat tendu au Venezuela, cela ne peut qu’aller mieux. »

Celui qui était un ami de l’ex-Président Hugo Chavez reçoit un (gros) coup de pouce de Gonzalez qui amène les pesos nécessaires, l’Oreca n°31 étant par ailleurs aux couleurs du Mexique. Maldonado ne dispose d’ailleurs d’aucun annonceur sur son casque. C’est dire…

Son arrivée en WEC n’est pas passée inaperçue. Dès les deux premières séances, Pastor a hissé sa monture au sommet du LMP2. En débarquant en Championnat du Monde d’Endurance, il ne fait que suivre les Buemi, Senna, Vergne et consorts qui ont choisi le WEC pour avoir un programme potable en sport auto. « Après la F1, le WEC est le championnat le plus professionnel de la planète. La présence d’ex-pilotes de F1 confirme cela. De notre côté, il y a vraiment moyen de faire quelque chose de bien »

Doux comme un agneau en dehors d’une voiture, Maldonado est connu pour son pilotage rugueux qui lui a causé nombre de crashs lors de sa carrière. A l’instar de Jean Alesi, il est devenu à la fois un objet d’admiration et de moqueries. Aujourd’hui, plusieurs mauvais coucheurs disent que le turbulent Max Verstappen a succédé au Latino. Mais le gaillard a un avis tranché sur la question. « Max est un pilote fantastique. Mais il est encore très jeune et c’est normal qu’il fasse encore des erreurs de pilotage. Il doit gagner en expérience. Mais le comparer à moi est déplacé... »

Et pour ce qui est des critiques. « Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent. La critique existe et elle doit continuer à exister. Mais ce n’est pas cela qui fera changer mon approche de la course. »

Avec l’ami Pastor, les courses de LMP2 risquent d’être dynamitées…