Moteurs

Contraint à l'abandon suite à une double crevaison, Andreas Mikkelsen a dû laisser son équipier belge chez Hyundai filer vers une possible 6ème victoire mondiale, la quatrième de la saison. Mais attention, la météo annonce de fortes averses pour l'ultime étape dominicale.

Pour une fois, les choses ont tourné en la faveur de Thierry Neuville, ce samedi en Australie. Auteur du meilleur temps lors de la première spéciale matinale longue de 49 km, notre compatriote mettait d'emblée la pression sur son ami et rival Andreas Mikkelsen à qui il reprenait cinq secondes. L'écart entre les deux pilotes Hyundai n'était plus que d'une quinzaine de secondes. Et se creusait sur leurs poursuivants quand... patatras !

C'est d'abord Thierry qui se présentait à l'arrivée de l'ES10 où il perdait une dizaine de secondes : « J'ai suivi des traces (ndlr : celles de Seb Ogier qui avait tiré tout droit) et freiné trop tard pour un carrefour en début de spéciale, » expliquait Neuville en proie en outre à des soucis de boîte de vitesses : « La première ne passe plus... »

On pensait assister à un tournant de la course mais quelques minutes plus tard, coup de théâtre, Andreas Mikkelsen arrivait avec deux minutes de retard et les deux roues gauche crevées... « J'ai tapé un talus en arrivant un peu trop vite sur un sommet. Je pensais seulement avoir crevé à l'arrière gauche, mais quelques kilomètres plus loin j'ai senti que l'avant aussi était à plat. Comme je n'avais embarqué qu'une roue de réserve au lieu des deux autorisées, je suis, hélas, contraint à l'abandon, » regrettait le Norvégien.

Il est en effet interdit de rouler sur la voie publique sur la jante. Kalle Rovanpera a aussi fait les frais de cette règle et n'a pas pu boucler cette deuxième journée.

Mikkelsen out, Neuville se retrouvait propulsé en tête avec 6 secondes d'avance sur la Toyota d'un Jari-Matti Latvala en grande forme puisqu'il signait le meilleur temps dans l'ES10.

Mais, une fois sa boîte changée, notre représentant allait enchaîner les meilleurs temps dans l'après-midi, trois sur quatre, l'ES14 étant annulée en raison d'un pont endommagé. Pas celui qu'avait heurté Kris Meeke (alors 3ème) dans la spéciale 13, le Britannique cassant sa suspension arrière et devant une nouvelle fois renoncer.

Au bout du compte, Thierry Neuville et Nicolas Gilsoul rentraient à l'assistance de Coffs Harbour avec une avance de 20.1 sur Latvala et plus du double sur Ott Tanak (Ford à 40.6) le seul à pouvoir l'empêcher d'être vice-champion pour la troisième fois.

Mais il faudrait désormais pour cela que le Belge abandonne lors de l'ultime étape qui se disputera la nuit prochaine chez nous.

« Je suis bien sûr désolé pour Andreas. C'est triste pour lui et pour le team. C'était une belle bagarre et j'aurais préféré le repasser à la régulière, » expliquait le Saint-Vithois de Monaco. « Hormis ce petit souci de boîte, l'auto a été parfaite toute la journée. On s'est régalé. Maintenant, il va falloir assurer jusqu'au bout. »

Il reste cinq spéciales pour un total de 68 km avant la fin du rallye et du championnat qui pourrait se clôturer par un sixième succès mondial pour « TN », le quatrième cette saison. Il faut toutefois rester prudent car on annonce de violents orages et pas mal de pluie. «Cela s'annonce amusant. Mon petit matelas de vingt secondes sera bien utile. »

Ne vendons pas la peau de l'ours. Il est déjà arrivé à deux reprises, à Monte-Carlo et en Suède, que Thierry ait course gagnée puis qu'il commette une petite erreur. « C'est vrai, mais j'ai appris de cela et je sais maintenant mieux gérer, » confie-t-il.

Plus loin derrière, Craig Breen est remonté à la quatrième place et Seb Ogier à la sixième derrière Hayden Paddon.

Le départ de la 17ème spéciale sera donné à 21h38 ce soir et il faudra attendre 4h du matin pour savoir si Thierry Neuville est le deuxième Belge à remporter le Rallye d'Australie, douze ans après un certain François Duval.

Le classement à l'issue de la 2ème étape : 1. NEUVILLE-GILSOUL (BEL/Hyundai i20 Coupé WRC) ; 2. Latvala-Anttila (Fin/Toyota Yaris WRC) à 20.1 ; 3. Tanak-Jarveoja (Est/Ford Fiesta WRC) à 40.6 ; 4. Breen-Martin (Irl/Citroën C3 WRC) à 1.05.2 ; 5. Paddon-Marschall (N-Z-GB/Hyundai i20 Coupé WRC) à 1.21.1 ; 6. Ogier-Ingrassia (Fra/Ford Fiesta WRC) à 1.48.2 ; 7. Lefèbvre-Moreau (Fra/Citroën C3 WRC) à 3.00.2