Moteurs

Le Namurois s'est confié à La Dernière Heure après sa troisième sortie de route en autant de rallyes.

Allumé sur les réseaux sociaux après sa deuxième erreur en moins de 24h et sa troisième sortie de route en trois rallyes, évidemment très déçu, Guillaume de Mevius s'est expliqué sur les raisons et les conséquences de cette nouvelle double faute éliminatoire ne remettant pas son programme avec Peugeot et le RACB National Team en cause.

Guillaume, tout d'abord que s'est-il passé hier soir lors de la 2e spéciale de la Citadelle que l'on vous a vu terminer sur la jante ?

"Après un premier passage très prudent où je n'avais concédé que quatre secondes, j'étais sans doute un peu trop confiant. Je me suis dit que cela allait vite revenir. Le début de la spéciale sur la terre s'est bien passé. J'étais un peu trop excité sans doute et je suis sorti un peu vite sur la portion en pavés. Ma 208 a glissé un peu trop de l'arrière et j'ai tapé la bordure."

Dans quel état d'esprit étiez-vous après avoir perdu une trentaine de secondes suite à cette faute alors que la seule consigne de l'équipe était d'assurer votre place à l'arrivée ?

"Je m'en voulais. J'étais fâché sur moi-même. Je voulais faire un temps. Je suis calme, je reçois plein de conseils. Je me dis que je vais être prudent et dès que je mets le casque j'ai un peu tendance à oublier et à vouloir mettre trop vite des gaz."

N'avez vous pas trop l'envie et le besoin de prouver que vous méritez ce volant du RACB, que vous n'êtes pas là seulement parce que vous vous appelez de Mevius ?

"Sans doute un peu oui même si je ne ressens pas vraiment de pression. Je sais que je suis capable d'aller vite. Je veux le montrer à chaque spéciale. Je dois changer mon approche, je dois le faire différemment."

Ce matin, les chronos n'étaient pas bons. Vous étiez refroidi, paralysé par la peur de mal faire ?

"Non, j'ai été victime de problèmes de moteur dans les deux premières du jour. Une durit qui s'était défaite. Je l'ai refixée pour Malonne où nous avons signé un bon temps, pas loin des meilleurs. Puis dans Bois de Villers elle s'est déboîtée à nouveau."

Puis dans la 7e spéciale, du côté de Mohiville, bardaf. Que s'est-il passé exactement ?

"L'objectif au départ était de rouler vite mais de rester prudent dans les endroits risqués. Dans un virage en 3e j'ai plongé dans une grosse corde qu'il fallait prendre. J'en suis sorti un peu trop tôt. L'arrière a glissé. Je me suis retrouvé avec une roue dans l'herbe. Et là, comme je n'étais pas en « mode attaque », j'ai eu le mauvais réflexe. Plutôt que d'enfoncer la pédale d'accélérateur et ce serait passé, j'ai lâché les gaz en contrebraquant. Du coup je suis parti en tête-à-queue, j'ai tapé dans le talus. J'ai pu repartir. La voiture n'a quasi rien hormis un pare-chocs arraché mais le radiateur était cassé. J'ai terminé la spéciale mais j'ai dû abandonner."

N'est-ce pas un manque d'expérience de la quatre roues motrices et de la R5 ?

"Si, un peu comme au Condroz. J'ai réagi comme avec une deux roues motrices. C'était une erreur évitable."

Quelle a été la réaction du team à votre retour à l'assistance ?

"Bah tout le monde est déçu forcément. Je m'attendais à recevoir un savon mais cela n'a pas été le cas. Ils m'ont plutôt supporté et réconforté. Cela n'empêche que j'ai le moral dans les chaussettes. Je suis conscient qu'il y a quelque chose a changé dans mon approche, ma manière de réfléchir durant la course. C'est plus au niveau du mental qu'il faut évoluer. On va avoir une grosse réunion la semaine prochaine avec Wim Doms et Geoffroy Theunis. On va parler de tout cela."

Votre place au sein du RNT est-elle remise en question ?

"Non. Ils me soutiennent à 100%. On va essayer de bien préparer Ypres, une course difficile mais que j'apprécie."

Votre équipier Louis Louka, jeune et inexpérimenté comme vous, doit-il se faire du souci ?

"Non, pas de mon côté en tout cas. Je préfère rouler avec un jeune. Il n'a rien à se reprocher. Il n'y a pas d'erreur de note. Il travaille bien. Je sais que certains songent à un copilote plus expérimenté. Je ne sais pas ce que cela pourrait m'apporter. On va en parler calmement. Je ne décide pas seul."