Moteurs Deux heures après son arrivée victorieuse, nous avons eu l'occasion de parler avec le nouveau leader du « Mondial ».

Thierry, quelles sont vos premières impressions après ce 8e succès ?

« Je suis heureux. Et fier. Ce n'était pas facile du tout et on l'a bien mérité. Nicolas et moi mais aussi toute l'équipe. Notre Hyundai a été parfaite, notre gestion aussi. »

Le rallye s'est joué vendredi après-midi avec une véritable hécatombe décimant les rangs de vos rivaux.

« C'est vrai. Les conditions étaient horribles lors du second passage et on a marqué le coup en faisant le bon choix de pneus mais aussi en attaquant quand il le fallait. J'ai l'impression que notre voiture se comporte bien sur les terrains cassants, peut-être grâce à notre hauteur de caisse. Je parviens à bien lire la route et à bien éviter les plus grosses pierres. »

Après, il a fallu gérer votre avance sur Elfyn Evans. Pas toujours simple ?

« Non car tout le monde sait qu'une erreur en rallye est vite arrivée. Il fallait adopter le bon rythme. Soulager dans les portions les plus piégeuses et attaquer ailleurs. »

Comme dans la Power Stage où vous êtes allé chercher quatre points supplémentaires...

« Exact. Au départ, on savait que Sébastien ne marquerait au maximum qu'un point. Il était 5e au moment où on s'est élancé. Je voyais que les temps s'amélioraient au fil des passages et du balayage. Je savais donc qu'il y avait moyen d'aller chercher quelques points. En tout cas de terminer devant Seb. J'aurais pu assurer un peu plus mais face à Ogier, chaque point compte. Donc j'ai attaqué sans toutefois prendre trop de risques dans les endroits les plus dangereux comme les jumps. Malgré les 22 kg de poids supplémentaires car on avait joué la sécurité en emmenant deux roues de secours, on a fini 2e de cette Power Stage. »

Dix-neuf points, c'est une belle avance, non ?

« Oui et non. La prochaine fois, en Sardaigne, ce sera peut être nous qui rentrerons bredouilles et Ogier qui prendra les 30 points. On se retrouverait alors 11 unités derrière lui. Cela peut évoluer vite. Mais bien sûr, on est contents de les avoir. 29-0, cela doit lui faire mal. On se bat à un tel niveau qu'on ne peut jamais garantir qu'on sera à l'arrivée. »

Vous comptez désormais plus de deux victoires d'avance sur Ott Tanak. Cela signifie qu'il est out pour le titre ?

« Non, je ne pense pas. Il peut revenir vite. Il n'a pas eu de chance ici mais on a encore vu avec le meilleur chrono dans la Power Stage de Lappi que la Toyota était très forte aussi. »

En Sardaigne vous allez devoir ouvrir la route à nouveau, pas évident...

« Non, on doit encore emmagasiner de l'expérience dans ce domaine où Seb est clairement plus fort que nous. »

En 2017, vous aviez super bien marché en Italie ?

« C'est vrai, mais à ce moment la Hyundai était clairement supérieure à la concurrence. Honnêtement, je pense qu'on va souffrir, mais c'est le jeu. J'espère ouvrir la route le plus longtemps possible. »