Moteurs Après son petit frère l’an dernier en Am, succès pour Laurens en Pro.

Dommage que le papa Raf, blessé aux vertèbres suite à une chute en VTT, n’ait pas pu être présent pour vivre cela sur place. Douze mois après son petit frère Dries, plus jeune participant belge à 19 ans et d’emblée vainqueur en GTE-Am, c’est cette fois au tour de Laurens d’accrocher une 24 H de plus, la plus célèbre, à son déjà riche palmarès en GT. Après Francorchamps, le Nürburgring et accessoirement Zolder et Dubai, le néerlandophone, exilé aux États-Unis depuis qu’il est devenu pilote d’usine Porsche, a inscrit son nom en lettres d’or sur les tablettes mancelles au terme d’une course parfaite.

"Deuxième sur la grille, on a pris la tête très vite, à l’issue de mon premier relais que j’ai fait collé à l’autre 911 de Fred Makowiecki", expliquait un Laurens très ému à l’arrivée.

La bagarre annoncée entre les six constructeurs n’a jamais réellement eu lieu. Ou alors seulement pour la 2e place, car la Pink Pig (cochon rose) n° 91 que notre représentant partageait avec le Danois Michael Christensen et le Français Kevin Estre s’est vite retrouvée isolée en tête avec une avance de plus d’une minute à gérer. "On a pu profiter d’une des premières voitures de sécurité pour faire le trou et se détacher de la voiture sœur bloquée au feu rouge en bout de pitlane ", poursuivait un Belge enfonçant le clou de son succès lors de son premier relais de nuit. "Après, c’était un peu ennuyant car on n’a plus pu attaquer. Mais j’ai bien géré. Je n’ai plus fait de truc stupide comme par le passé."

Au bout, il y avait le plus beau des cadeaux, la victoire, le doublé même pour fêter les 70 ans de Porsche. Après avoir dévalorisé le premier succès de Toyota suite à son retrait en LMP1, la marque de Zuffenhausen va pouvoir communiquer sur sa mainmise sur les deux catégories GT, Pro et Am. "Mon petit frère Dries m’ a envoyé un SMS juste après l’arrivée en disant que maintenant j’étais presque aussi fort que lui" , souriait Laurens. La plus belle victoire de sa carrière ? "La plus difficile c’était le Nürburgring. Et en tant que Belge, Spa est aussi spéciale. Mais ici c’est Le Mans, la plus grande course du monde. Je suis fier. Je pense à ma famille, notre père qui a investi beaucoup de temps et le reste sur nous. Et aujourd’hui cela paie. Il doit être très heureux."

Et la suite maintenant? "Essayer de remporter une deuxième fois les 24 H de Spa fin du mois prochain puis le titre GT américain en IMSA." Avant son retour au Mans en 2019 pour y défendre son titre avec la même auto et le même équipage ? Sans doute. Et son prochain rêve? "Je voudrais encore ajouter les 24 H de Daytona. Sinon, j’aimerais partager un jour ces moments avec mon petit frère."

Avec les Vanthoor, les frères Martin, tous les deux sur le podium en 1980 sur leur Rondeau Belga, ont trouvé leurs dignes successeurs.