Moteurs

Engagé en LMP2, l'ex-pilote Toro Rosso a fait une croix sur la F1 et rêve de remporter Le Mans.

Vainqueur samedi dernier de l'E-Prix de Paris, leader du championnat de Formula Electrique, l'ex-pilote de GP défend sa nouvelle discipline, Max Verstappen et Stoffel Vandoorne. L'ex-pilote d'essais de la Scuderia pense que Ferrari sera sacré cette année en F1. Il nous explique aussi pourquoi il a préféré rouler en LMP2 avec G-Drive plutôt que de prétendre à un volant dans une équipe LMP1 privée. Même si son but à terme aujourd'hui est de gagner les 24H du Mans. Interview très électrique...

Que pensez-vous des critiques existant dans le grand public et le milieu auto sur la Formula E ?

« Qui critique encore? On critique toujours les nouveautés. On a critiqué le V6 Turbo quand il est arrivé en F1. Aujourd'hui on critique le Halo. Mais les gens s'habituent et cela s'atténue avec le temps. C'est dans la nature humaine de critiquer tout ce qui sort du commun. Je peux vous dire qu'il y de moins en moins de critiques et de plus en plus de partisans de l'électrique. On voit tout de même Porsche qui quitte le Mans et le WEC pour venir en Formula E, on voit Mercedes qui quitte le DTM pour aussi s'impliquer en FE, Jaguar qui revient en électrique après une décennie sans sport auto. Tous ces constructeurs là ne viendraient pas si ce n'était pas un sport. »

Ils viennent surtout pour une question de marketing...

« Oui comme cela a toujours été le cas en sport automobile. Le but est de faire vendre des autos. Mais je vous assure qu'il y a du niveau avec beaucoup de très bons pilotes et de la bagarre. Cela se double contrairement à la F1 car on n'a très peu d'appui et donc on peut se suivre de très près. La voiture est lourde, les pneus n'ont pas de grip, les circuits sont très difficiles ce qui rend la discipline et le pilotage assez compliqués. La moindre erreur et on est dans le mur. Demandez d'ailleurs à tous les pilotes ex-F1 roulant en FE. On a plus peur dans un tour qualif à 200 KW en Formula E que lors d'un tour qualif en F1. Ca arrive très vite pour une voiture qui ne freine pas très bien et je vous garantis qu'en tant que pilote on des sensations. Regardez mon équipier André Lotterer. Voici un an an il critiquait la FE et maintenant qu'il y a goûté il apprécie fortement. »

Parlez-nous un peu de votre implication en LMP2...

« J'avais une très bonne proposition pour rouler sur une LMP1 privée, mais je n'ai aucun intérêt de rouler dans un championnat où il est interdit de gagner. Aujourd'hui, avec la règle sortie par le WEC, il est interdit de battre Toyota. Et moi venir sur les courses pour terminer troisième ou espérer que les deux Toyota cassent n'est pas du tout dans ma mentalité. C'est hors de question. Moi je veux me battre pour des victoires. Mon rêve c'est de gagner Le Mans, en me battant et pas en priant pour que les Toyota abandonnent. Je préfère aujourd'hui pouvoir gagner en LMP2 où le niveau de compétition est aussi exceptionnel et attendre la nouvelle règlementation LMP1 en 2020 en espérant pouvoir jouer un jour la victoire absolue Au final, on ne tourne que trois à quatre secondes au tour moins vite que les LMP1 privées. »

Vous avez fait une croix définitive sur la F1, pas de regret ?

« Non, plus aucun. J'ai tourné la page.»

Plus l'espoir en tant qu'ex-Red Bull qu'on vous rappelle un jour comme Brendon Hartley ?

« Non et si c'était le cas, je ne pense pas que j'accepterais. Car là Hartley il a quoi, un contrat d'un an, maximum deux ans. Et il fera quoi après ? Je préfère mille fois avoir un double programme comme cette année avec la FE et le WEC. Là en Formula E j'ai un avenir sécurisé. Toro Rosso c'est bien pour des jeunes comme Gasly qui vient des formules inférieures et a tout à prouver. Pour Hartley ce sera plus compliqué. Après je comprends qu'il ait accepté car lui n'avait encore jamais pu rouler en GP. »

Vous travaillez encore comme pilote d'essai pour Ferrari F1 ?

« Non. »

Cela doit être l'année Ferrari en F1 ?

« Oui, c'est clairement leur année. »

Votre avis sur le début de saison de Max Verstappen ?

« C'est un pilote exceptionnel, très talentueux, qui prend beaucoup de risques. La Dame Chance était avec lui les années précédentes car ce qu'il faisait cela passait une fois sur cent. Et aujourd'hui cela passe plus. S'il arrive à se calmer un peu et se concentrer sur l'essentiel c'est à dire terminer des courses il se retrouvera là où il doit être c'est à dire tout en haut car c'est un des meilleurs du plateau. Mais bon là il commet trop d'erreurs. Je trouve dommage qu'il ait gâché ainsi ses chances en début de championnat pour des erreurs évitables. »

Un dernier mot sur McLaren ?

« C'est un peu compliqué en ce moment. Se retrouver derrière les Toro Rosso à moteur Honda quand vous disposez du moteur Renault gagnant avec Red Bull c'est un grand coup sur la tête. Ils ont beaucoup de pression. J'espère qu'ils vont redresser la barre à Barcelone. Fernando m'a dit qu'ils attendent pas mal d'évolutions. Ce serait top pour Stoffel Vandoorne que la McLaren se mette à bien marcher. Car si vous le mettiez dans une Mercedes ou une Ferrari, il gagnerait des courses au même titre que Vettel ou Hamilton. »