Moteurs L’ancien gamer belge s’est confié à la DH sur son année et demie de vaches maigres après avoir perdu son volant chez Bentley fin 2016.

L’histoire de Wolfgang Reip est l’exemple parmi tant d’autres d’un cancer en sport automobile : on a beau avoir été champion 2015 de Blancpain Endurance Series, avoir remporté les 12 Heures de Bathurst 2015, s’être battu pour la victoire aux 24 Heures de Spa et avoir représenté officiellement deux constructeurs, on ne peut assurer sa place dans une compétition de haut vol que si on a le soutien indéfectible d’une usine ou si les finances suivent.

Révélé par la Nissan GT Academy, le Belge perdit sa place au sein de la marque japonaise pour des raisons « relationnelles », pour avoir parlé fort un peu trop souvent. Repêché par M-Sport Bentley début 2016, le Brabançon allait se retrouver à pied en fin d’année. Pour de bon cette fois...

« La fin de mon contrat chez Bentley est arrivée brutalement », nous a confié Wolfie. « J’ai appris mon éviction le 23 décembre 2016 et je n’avais plus de temps pour rebondir. Les 3 premières courses sur la Continental s’étaient bien passées mais aux 24H de Spa, j’ai commis la seule faute flagrante de la saison et j’ai été pris en grippe par toute l’équipe. En combinaison avec l’arrivée d’Oliver Jarvis suite au retrait d’Audi en WEC, cela a servi de prétexte pour me virer. En fait, je suis certain que si j’avais pu me mettre en évidence au cours de la saison, j’aurais pu rester. Mais je n’en ai jamais eu l’occasion. »

Et puis, plus rien ou presque. Une 5e place aux 25H VW Fun Cup 2017 avec DRM Motorsport et une participation avortée sur la Norma DVB aux 24 Heures de Zolder (Gilles Magnus le remplacera pour l’emporter avec les frères Thiers et Van Hooydonk) seront ses seules sorties de l’année écoulée.

« Je devais participer à l’ElectricGT avec des Tesla Model S de compétition », poursuit Reip. « Mais le championnat n’a jamais vu le jour. Je n’ai hélas pas su trouver de sponsors pour rebondir. Aussi bien chez Nissan que chez Bentley, les pilotes ne sont pas formés pour retomber sur leurs pattes en cas de départ précipité. J’ai donc passé l’année à donner des cours de pilotage et de sécurité routière. J’ai aussi repris les cours et je passe actuellement mes examens. »

Ce week-end à Spa-Francorchamps, Wolfgang refait surface au sein de l’équipe Brussels Racing de José Farasyn qui engage une Aston Martin V12 Vantage GT3 en International GT Open. Epaulé par Tim Verbergt, il a réalisé le 2e chrono lors de la 2e séance d’essais libres ce vendredi. Une preuve que l’ancien gamer n’a strictement rien perdu de sa pointe de vitesse. Et le courant avec l’équipe passe plutôt bien…

« Je faisais initialement partie d’un projet pour courir aux 24H de Spa 2017 mais le projet n’est pas arrivé à son terme. Mais José est resté en contact avec moi. Un jour, mon téléphone m’a sonné pour me demander si je voulais faire le GT Open à Spa. J’ai évidemment accepté la proposition. Si nous faisons un bon résultat ce week-end et si je peux éventuellement disputer plus de courses au volant de la Vantage, j’espère que cela me permettra de relancer ma carrière afin d’éventuellement revenir en GT3 à temps plein. »

Mais on pourrait revoir Wolfie et l’Aston Martin jaune aux prochaines 24 Heures de Spa-Francorchamps. Les noms de Tim Verbergt mais aussi de Sam Dejonghe et Freddy Loix circulent pour former un équipage Pro-Am sous la bannière très nationale JoinTheBelgians. « Le projet 2017 a effectivement été postposé à cette année. Je pense que notre place sur la grille de départ est actuellement assurée à hauteur de 60-70 %. Nous devrions en savoir plus dans les prochaines semaines. »

Si le projet JoinTheBelgians se concrétise, Wolfgang et ses camarades pourront assurément viser le podium en Pro-Am au minimum. La vieille Aston Martin a encore prouvé qu’elle avait de beaux restes, comme l’attestent sa victoire à Silverstone et sa pole au Castellet dans le cadre de la Blancpain Endurance.