WRC

Un système encore à revoir avec des pilotes « hors course » avantagés, notamment lors de la Power Stage.

L'ordre de passage et la position sur la route relèvent d'une importance capitale sur les épreuves sur terre. On sait que depuis des années c'est au leader du championnat d'ouvrir la route le vendredi. Ce système a été instauré suite aux trop grandes dominations de Sébastien Loeb puis de Sébastien Ogier. Il permettait de créer artificiellement un peu de suspense et de donner la chance aux autres.

Aujourd'hui, avec un championnat beaucoup plus ouvert, avec quatre marques et une dizaine de pilotes luttant à armes quasi égales, on pourrait imaginer un système beaucoup plus juste sportivement. Pourquoi pas en imposant à chaque constructeur de désigner un de ses pilotes pour partir devant le vendredi ? Ou alors en mettant quatre jeunes apprentis (un par constructeur) comme balayeurs ?

Mais le problème de la première étape n'est pas le seul. Nous ne trouvons pas logique non plus que les pilotes ayant abandonné le premier jour et repartant en Rally2 soient avantagés en s'élançant derrière le leader de l'épreuve. Durant toute l'étape de samedi, on a vu Craig Breen, 7e du général, galérer en nettoyant la route, tandis que Sébastien Ogier et Jari-Matti Latvala, hors-course, ont signé des scratches « volés » à Thierry Neuville. Pourquoi mettre à l'honneur ceux qui ont abandonné et ne sont plus réellement dans la course ? A nos yeux, les pilotes ayant renoncé lors de la première étape (ou la deuxième) devraient ouvrir la route sur la terre et partir derrière sur l'asphalte.

Toujours discutable aussi est l'ordre de départ de la Power Stage. Logiquement, les pilotes repartis en Rally2 devraient ouvrir la route. Il n'est désormais plus autorisé à pointer en retard comme l'avaient fait Sébastien Ogier en Suède pour bénéficier d'une meilleure position de départ. Mais cet ordre est laissé à la libre appréciation des organisateurs. Cela signifie qu'il peut décider de mettre une, deux ou trois WRC2 avant les WRC de Latvala et Ogier. Ce qui fausse la donne et gomme une grande partie de leur handicap. De plus, on sait que les pilotes évoluant en Rally2 n'ayant plus rien à perdre économisent généralement leurs gommes lors des premières spéciales dominicales en misant tout sur la Power Stage et le bonus de 5 points qui devient dès lors plus un lot de consolation. Ce qui n'est pas normal.

Rally Manager auprès de la FIA, Yves Matton devrait remettre un peu d'ordre dans tout cela...