Moteurs Le pilote bruxellois de Moto 2 estime que "tout a démarré trop tard cette saison".

Souriant, jovial, capable d’écouter, agréable à vivre, ouvert, détendu et apprécié dans le paddock, Xavier Siméon est pétri de qualités humaines. Et s’il en avait trop ? Les champions sont rarement altruistes et n’entendent pas partager leur situation privilégiée. Ils se battent pour vaincre et seule la victoire les intéresse. Ils ne partagent rien ou si peu avec leur entourage et ils cherchent à gagner afin d’attirer les honneurs, la gloire, le pouvoir et l’argent. Xavier Siméon n’est pas dans cette mouvance-là.

Ceux qui lui veulent du bien le regrettent sûrement. On le voudrait frondeur, égoïste, un peu plus sûr de lui, avec une pointe de hargne. Nous l’avons rencontré récemment. A-t-il changé et mûri ?

Alors Xavier, à l’aube du sixième GP de la saison, êtes-vous pleinement heureux ?

"Pas tout à fait. Chez Tasca, les gens sont géniaux, mais nous avons raté trop d’essais privés. Depuis mes débuts en Moto 2, ce ne fut pas facile à vivre parce que j’ai souvent été obligé de changer d’écurie. Et j’ai sans doute loupé le coche chez Tech3 et Gresini. Les seules personnes sur lesquelles j’ai toujours pu m’appuyer proviennent de ma famille et de la structure Zelos. En permanence, j’ai eu le soutien inconditionnel de mon équipe de management mais il ne faut pas se leurrer. Ils râlent parfois et je les comprends. Je voudrais quand même me défendre un peu en précisant que j’ai aussi piloté des machines pas terribles au sein d’écuries qui ne l’étaient pas plus."

C’est aussi un peu votre faute ?

"Oui, tout à fait. J’ai souvent voulu éviter les questions qui fâchent et j’ai la conviction que cela ne m’a pas toujours servi. J’ai dû me plier aux exigences de certaines écuries et, comme les résultats ne suivaient pas, j’y ai laissé une partie de ma motivation. Je rebondis très vite mais mon sourire éternel est parfois difficile à porter."

Si je vous dis que faire carrière en Moto 2 n’est pas un but en soi, que répondez-vous ?

"Que ce n’est pas vrai. De très nombreux pilotes roulent en Moto 2 depuis des années et ils sont professionnels de cette catégorie. C’est aussi mon cas."

Croyez-vous que vous irez un jour en Moto GP ?

"Si tous les facteurs positifs sont réunis, pourquoi pas ? Mais je préfère rester où je suis plutôt que de monter en grade alors que je ne le mérite pas. Il y a deux formules de course au-dessus du Moto 2. Le Moto GP, bien sûr, mais aussi le Superbike , à la condition express de piloter l’une des quatre motos capables de gagner."

Est-ce que vous vous remettez parfois en question ?

"Un peu trop, peut-être. Je suis un gars honnête. Ainsi, je peux dire que cette année, j’ai un bon potentiel mais que tout a démarré trop tard. Nous avons manqué de pièces en début de saison et elles arrivent au compte-gouttes. Ce n‘est pas l’idéal pour gagner des courses."

Vous avez beaucoup chuté aussi ?

"Pas plus que ça. J’étais trop fougueux il y a quelques années mais j’ai appris à me tempérer."

Franco Morbidelli sera-t-il champion ?

"Je pense que oui. Il a désormais un bon mental, une bonne équipe, une bonne moto, mais je voudrais quand même rappeler que je l’ai battu plein de fois."