Moteurs

Equipier du tenant du titre Kevin Abbring, l'ancien triple vainqueur yprois Pieter Tsjoen considère que notre leader du WRC évolue actuellement sur « une autre planète »

Lauréat à Ypres en 2001 et 2005 en tant que pilote puis en qualité d'équipier du Néerlandais Kevin Abbring l'an dernier, l'octuple champion de Belgique Pieter Tsjoen n'est jamais avare de bons mots. Très jovial, le Flandrien est réputé pour sa franchise. Pas de langue de bois et nous on aime cela.

Ainsi, après ses premiers essais hier avec la Citroën C3 R5 de Yann Bonato assistée par l'équipe DG Sport, lorsque nous lui demandons ironiquement s'il apprécie toujours autant les voitures françaises, sa réponse fuse : « Affirmatif ! » rigole-t-il. Et Pieter de nous expliquer : « Avec une Ford ou une Skoda, j'ai de suite un bon feeling. Tandis qu'ici, dans les nombreuses portions bosselées, je ne me sens pas à l'aise. L'auto est trop dure. Citroën Sport a fait beaucoup de tests je pense sur la terre ou dans les montagnes, mais ils n'ont pas encore des réglages d'amortisseurs adaptés à nos routes. Surtout pas pour Ypres. Pourtant les suspensions Reiger sont nettement mieux.»

Mais la volonté est là. Lundi, c'est Stéphane Lefèbvre, pilote officiel de la marque, qui a dégrossi le travail aux commandes de la C3 de développement utilisée ce mardi pour les tests.

L'an dernier, Kevin et Pieter ont profité de la sortie de route de Thierry Neuville et de la crevaison de Bryan Bouffier pour s'imposer aux commandes de leur Peugeot 208 R5. « Il est clair que la C3 est mieux née que la DS3 ou la 208. Cela n'a plus rien à avoir. Le moteur va beaucoup mieux, il est plus souple, la puissance vient plus vite à la sortie des virages serrés. L'auto est très précise. Le freinage n'est pas encore top mais bon on ne devrait pas connaître de soucis de surchauffe ici. Bref le potentiel est là, mais il y a encore pas mal de travail sur la tenue de route même si Kevin ne s'en plaint pas. Il dit qu'il se sent bien, c'est le principal vu que c'est lui qui conduit. »

Pieter ne regrette en tout cas pas d'avoir troqué sa Fiesta pour étrenner cette C3 en Belgique, au même titre d'ailleurs que Kevin Demaerschalk engagé par JJ Motorsport grâce au soutien de Jourdan Serderidis. « Je ne suis pas convaincu d'avoir plus de chance de gagner, mais bon nous sommes quasi invités. C'était une bonne occasion à saisir avec les soutiens de Citroën Sport, l'importateur belge, DG et Michelin que nous remercions. Cela me coûte au final le quart du budget par rapport à mon auto. »

Mais même avec une monture nettement meilleure que la « lionne » de l'an dernier, une différence d'une demie seconde au kil environ après 40 passages sur la base d'essais, il ne sera pas évident de défendre son titre dans la Cité des Chats. « Pour moi, il n'y a qu'un seul grand favori, Neuville. Thierry évolue actuellement sur une autre planète. Il est comme un peu drogué, en extase, tout lui sourit. Il a plein de confiance. Maintenant il a tout à perdre. Je crois qu'il n'a jamais terminé à Ypres. Il défend les intérêts de Hyundai et a plus de pression que nous. »

Et derrière notre leader du Mondial, qui voit-il ? « Bryan Bouffier, Vincent Verschueren, Kris Princen et nous. Puis un second peloton avec Yates, Cherain, Veiby. Ypres est un rallye particulier. Les cinq dernières années, le leader à l'issue de la première étape n'a pas réussi à s'imposer. Pour y briller, je l'ai déjà dit à Kevin, il faudra ne pas s'allumer au départ et tenter de signer la course parfaite comme l'an dernier. »