A peine lancés, les JO sont déjà ternis

Rédaction en ligne avec AFP et Belga Publié le - Mis à jour le

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Dopage, racisme et autres polémiques, ces JO démarrent sur de bien étranges bases. Et il va falloir encore tenir 2 semaines

LONDRES Les JO ont démarré ce jeudi à 17h (15h à Londres) à Cardiff, au Pays de Galles, avec le coup d'envoi du match du tournoi de football féminin entre la Grande-Bretagne et la Nouvelle-Zélande, deux jours avant l'ouverture officielle des Jeux au stade olympique de Londres.

Alors que ces Jeux seront officiellement déclarés ouverts vendredi soir par la Reine Elizabeth II, ils sont déjà ternis par certaines affaires de dopage, de racisme et par des polémiques.

Australie: un article peu flatteur sur Leisel Jones fait débat

Le chef de la délégation australienne aux JO de Londres, Nick Green, a qualifié ce mercredi de "honteux" et d'"injuste" un article du Sydney Morning Herald mettant en doute la forme physique de la triple championne olympique de natation Leisel Jones.

Le quotidien australien, qui a également publié des photos peu flatteuses de la nageuse, suggère que Leisel Jones, 26 ans, n'a pas la condition physique idéale pour remporter un quatrième titre olympique, après ceux obtenus en 2004 (relais 4X100 4 nages) et 2008 (100 m brasse et relais 4X100 4 nages).

"Je pense, honnêtement, que cet article est honteux", a déclaré Green lors de la conférence de presse quotidienne de l'équipe australienne. Je suis très déçu et je considère que c'est très injuste, au vu de ce que Leisel Jones a fait pour notre pays".

"Elle a remporté trois médailles d'or aux JO (...), a-t-il ajouté. Je trouve qu'elle mérite plus de respect".

Les photos publiées par le Sydney Morning Herald et visibles sur son site montrent une nageuse assez loin de son poids de forme.


Papahristou exclue de la sélection grecque pour propos racistes


La spécialiste grecque du triple saut Voula Papachristou a été exclue mercredi par son comité olympique des Jeux de Londres qui s'ouvrent vendredi, en raison de propos racistes tenus sur sa messagerie Twitter.


"La triple sauteuse Paraskevi (Voula) Papachristou a été exclue de l'équipe grecque pour les jeux Olympiques en raison de commentaires contraires aux valeurs et aux idéaux du mouvement olympique", a indiqué le Comité olympique grec dans un communiqué.


Plus tôt mercredi, l'athlète de 23 ans avait écrit sur sa messagerie Twitter qu'"avec autant d'Africains en Grèce, au moins les moustiques du Nil occidental mangeront de la nourriture maison".


Elle a ensuite effacé ses mots après avoir reçu de nombreuses critiques et a publié un communiqué où elle a dit regretter ses propos.
"Je demande pardon à tous mes amis et mes coéquipiers si je les ai mis dans l'embarras. (...) Les Jeux étaient mon rêve (...) Est-ce possible que je ne respecte pas les idéaux du mouvement olympique", a-t-elle déclaré.


Le Comité international olympique (CIO) a édicté des règles très strictes en matière d'utilisation des réseaux sociaux par les athlètes et les accrédités aux jeux Olympiques de Londres, les premiers de l'histoire disputés sous l'ère Facebook et Twitter.


Ils ont notamment l'interdiction de contrevenir aux principes de la charte olympique, par des propos discriminatoires, ce qui est le cas de Papachristou, ou de la propagande politique ou religieuse.


Ils sont également appelés à ne "pas se substituer à des journalistes" mais à ce contenter de raconter leurs Jeux à la première personne du singulier, ainsi qu'à ne pas poster de videos.


En cas d'infraction, le CIO a prévu des sanctions pouvant aller jusqu'à l'exclusion. Dans le cas de la triple sauteuse, le comité olympique grec a pris les devants pour éviter une éventuelle éviction, qui aurait été plus retentissante venant du CIO.


Son cas présente des similitudes avec celui qui avait, en 2010, coûté à la double championne olympique de natation australienne Stephanie Rice (200 et 400 m 4 nages à Pékin) des excuses publiques et surtout des ruptures de contrat avec ses sponsors après un tweet homophobe.


La Marocaine Selsouli contrôlée positive

L'athlète marocaine Mariem Alaoui Selsouli est privée des JO, dont elle était une des favorites du 1500 m, après avoir été contrôlée positive à un diurétique début juillet, a indiqué lundi une source proche du dossier. Cette source confirme l'information parue lundi dans le quotidien sportif L'Equipe.

Agée de 28 ans, Selsouli avait été testée dans le cadre du meeting d'athlétisme de Paris-Saint-Denis, où elle avait établi le 6 juillet la meilleure performance mondiale (MPM) de l'année sur 1500 m, en 3 min 56 sec 15/100e.

Non seulement, Selsouli ne verra pas Londres, où elle pouvait également s'aligner sur 5000 m, mais elle risque aussi de ne plus jamais courir en compétition. En effet, elle avait déjà été suspendue par la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) du 22 août 2009 au 21 août 2011 après un premier contrôle antidopage positif.

Six athlètes attrapés par le passeport, trois par des ré-analyses

La Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) a annoncé ce mercredi que neuf athlètes avaient récemment été sanctionnés pour dopage, dont l'Ukrainienne Nataliya Tobias, médaillée de bronze du 1500 m féminin aux Jeux Olympiques de Pékin.

Six athlètes ont été convaincus de dopage sur la base des variations anormales de leur passeport biologique, tandis que trois autres à partir d'analyses complémentaires menées sur les échantillons antidopage qu'ils avaient fourni aux Championnats du monde à Daegu à l'été 2011.

Ces dernières, les Ukrainiennes Nataliya Tobias et Antonina Yefremova, ont été contrôlées positives à la testostérone, et la Bulgare Inna Eftimova à l'hormone de croissance.

Les six athlètes confondus par leur passeport biologique sont le Marocain Abderrahim Goumri, la Grecque Irini Kokkinariou, la Turque Meryem Erdogan, et les trois russes Svetlana Klyuka, Yevgenia Zinuriva et Nailya Yulamanova, respectivement championne d'Europe du 800 m en salle (2011) et vice-championne d'Europe du marathon (2010), dont les cas avaient déjà été annoncés début juillet.

"L'annonce de ces nouveaux cas vient récompenser la lutte continue et sans relâche que mène l'IAAF contre le dopage en athlétisme", a déclaré le président de l'IAAF Lamine Diack, cité dans un communiqué.

Le CIO fait son autocritique sur les tests rétroactifs

Le président de la commission médicale du CIO, Arne Ljungqvist, a reconnu qu'il aurait pu ordonner plus tôt les analyses antidopage complémentaires des échantillons des JO-2004, décidées seulement en mai dernier.

"Si ceux que nous espérons dissuader (de se doper) comprennent que nous ne faisons rien, ce n'est pas très dissuasif", avait estimé M. Pound, également membre du CIO. Le CIO a décidé en mai dernier seulement de réanalyser une centaine d'échantillons ciblés, prélevés à Athènes en 2004, à la recherche de substances qui n'étaient pas détectables à l'époque. Une demi-douzaine de ces échantillons ont présenté un résultat "suspect" après analyse de l'échantillon A avait révélé le CIO, samedi dernier. "Je suis évidemment satisfait que l'on pratique de nouvelles analyses, sinon il aurait été inutile que ces échantillons aient été stockés si longtemps", a sobrement commenté l'actuel président de l'AMA, l'Australien John Fahey. "Si on l'avait fait plus tôt, certaines des techniques dont nous disposons maintenant n'auraient pas pu être disponibles, a-t-il relevé. J'espère que l'on va continuer à analyser ces échantillons."

© La Dernière Heure 2012

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