Athlétisme Bashir Abdi, en argent sur 10.000 m, a réussi la course quasi parfaite

Au terme d’une course épatante en finale du 10.000 m, Bashir Abdi a apporté à la Belgique une belle médaille d’argent, ce mardi soir, au stade olympique. Si le Français Morhad Amdouni a eu raison de notre compatriote dans la dernière ligne droite (il s’impose en 28 : 11.22) et de l’Italien Crippa (28 : 12.15), le Gantois de 29 ans peut être fier de ce qu’il a proposé.

Patient dans la première partie de la course, Abdi a ensuite secoué le peloton pour ne garder que les hommes les moins éprouvés, dont faisait partie un certain Soufiane Bouchikhi, finalement sixième (28 : 19.04) mais dont on a longtemps cru qu’il serait le meilleur Belge des deux.

C’est pourtant bel et bien Bashir Abdi, quatrième de l’Euro 2012 à Helsinki et cinquième de celui de Zurich en 2014, qui se présentait dans la zone mixte, drapeau belge sur les épaules et les spikes lacés autour du cou, en levant les bras. "Je suis un peu déçu de ne pas avoir pu aller chercher l’or, mais en même temps très heureux d’offrir cette médaille à mon pays d’adoption en guise de remerciement. C’était mon vœu le plus cher avant d’arrêter et j’ai travaillé très dur pour y arriver. Mission accomplie !" sourit le natif de Mogadiscio, en Somalie, qui avait annoncé vouloir abandonner la piste et se diriger vers le marathon (il a fait ses débuts en 2h10.46) à l’issue de cet Euro. "Je vais quand même encore y réfléchir mais je pense que j’ai un bel avenir sur la route" , dit-il.

Et de revenir encore sur cette journée très spéciale : "Ce mardi, on a été très bien préparé par le staff pour lutter contre les conditions. Je me doutais que comme souvent, la course allait être très tactique et se résumer en fait aux deux derniers tours ! Et c’est ce qui s’est passé. Et j’étais prêt !"

Il faut dire que Bashir Abdi a bénéficié des conseils précieux de son ami Mo Farah, le multiple champion olympique et du monde britannique, d’origine somalienne comme lui. "Après le meeting de Heusden, je suis retourné chez lui, à Saint-Moritz, où nous avons analysé ma course. Il m’a dit que j’avais fait la course la plus bête qu’il ait vue ! Ce jour-là, j’avais en effet beaucoup trop regardé la concurrence au lieu de me concentrer sur ma course et j’ai perdu beaucoup d’influx. Il avait raison. Avec mon coach Tim Moriau, j’ai fait beaucoup de séances spécifiques pour bien négocier le dernier tour et voilà le résultat."

À présent, place à la récupération et peut-être à un 5.000 m pour lequel Bashir Abdi est qualifié également. "On verra comment je me sens, parce qu’il faisait vraiment très chaud…"