Athlétisme

Revenu à son meilleur niveau après une saison 2017 perturbée par les blessures, Renaud Lavillenie fait de nouveau régner la terreur sur les perchoirs avant d'attaquer la Ligue de Diamant, samedi à Shanghai.

"C'est le roi. Il est recordman du monde (6,16 m) et a remporté 7 fois la Ligue de Diamant. J'apprends à chaque fois que je suis en compétition avec lui." Le compliment n'est pas signé de n'importe qui mais sort de la bouche du champion du monde Sam Kendricks. L'Américain, qui avait dominé le Français l'année dernière aux Mondiaux de Londres, est le mieux placé pour témoigner du retour au premier plan du médaillé d'or olympique de 2012.

Terminés les pépins physiques (cuisse, dos) et les séquelles d'un accident de moto qui l'avaient empêché de se battre à armes égales avec ses rivaux: enfin en pleine possession de ses moyens, Lavillenie a retrouvé son appétit d'ogre et ne veut plus laisser de miettes à ses adversaires, comme à ses plus belles heures.

2018 a ainsi débuté sur les chapeaux de roue pour le Français de 31 ans. Sacré pour la 3e fois champion du monde en salle devant Kendricks, il a remis les pendules à l'heure avant de lancer sa saison en plein d'air sur les mêmes bases en signant la meilleure performance de l'année (5,95 m, le 14 avril à Austin). Quand le corps va, tout va.

"Actuellement, je fais ce que je faisais en temps normal, a-t-il expliqué avant de s'envoler pour la Chine. L'année dernière, en l'espace de neuf mois, je me suis entraîné l'équivalent de deux mois et demi. Quand on est handicapé par les blessures, on ne peut pas être performant. Sauter 5,90 m en début de saison, cela a été le cas plusieurs fois par le passé. Il n'y a rien de surprenant."

"On ne peut pas comparer avec l'année dernière quand il ne pouvait pas s'entraîner. Quand on ne peut pas s'entraîner, on est moins bon. Là, il a pu faire les choses comme il faut, forcément il a plus le sourire et les performances sont là", abonde également son technicien Philippe d'Encausse.

Le titre mondial en indoor en poche, son principal objectif de l'année, Lavillenie se projette désormais avec beaucoup plus d'assurance sur les Championnats d'Europe (7-12 août à Berlin). La Ligue de Diamant va donc surtout lui servir à "avancer semaine après semaine pour être en forme le Jour J". D'autant que la formule du circuit, avec 12 étapes qualificatives pour les 2 grandes finales, les 30 et 31 août à Zurich et à Bruxelles, rend moins impérieuse la quête de résultats immédiats.

"Je suis vraiment concentré sur les Europe car malheureusement avec le nouveau règlement de la Ligue de Diamant, ça ne sert à rien de jouer à fond toutes les étapes, il faut juste gagner la dernière, indique Lavillenie. Je ne vais jamais sur une compétition pour faire 2e et le but est d'aller remporter le plus de meetings possibles mais l'idée c'est avant tout de les utiliser pour avoir de la confrontation directe".

Et il en aura à Shanghai avec, outre Kendricks, le vice-champion du monde polonais Piotr Lisek et le Canadien Shawn Barber, qui a sauté 5,92 m le 31 mars à Austin.

Les autres temps forts de cette étape chinoise seront à chercher du côté du 100 m avec le vainqueur des Mondiaux 2017 Justin Gatlin, notamment opposé au Canadien Andre De Grasse, encore loin du compte après 9 mois d'absence sur blessure, et au médaillé d'or mondial sur 200 m le Turc Ramil Guliyev.

Les Français Garfield Darien et Aurel Manga, en bronze aux Championnats du monde indoor, auront une lourde concurrence sur 110 m haies avec le champion du monde et olympique jamaïcain Omar McLeod, le recordman du monde américain Aries Merritt (12 sec 80) et le Russe Sergey Shubenkov.

Chez les dames, il faudra surveiller le 200 m qui mettra aux prises la Néerlandaise Daphne Schippers à sa dauphine de Londres l'Ivoirienne Marie-Josée Ta Lou, en verve comme l'a prouvé son succès à Doha sur 100 m, le 4 mai.