Athlétisme La championne belge a établi le deuxième total de sa carrière (6.816 pts) pour remporter le titre de championne d’Europe

Sous le regard de sa maman, de son compagnon, le décathlonien Niels Pittomvils, mais aussi de plusieurs partenaires de club (le RFC Liégeois) venus l’encourager au stade olympique de Berlin, garni de 48.000 spectateurs, Nafi Thiam a donc remporté le titre de championne d’Europe de l’heptathlon. Une médaille d’or qui a d’autant plus de saveur pour la championne belge qu’elle fut contrainte à l’excellence, ce vendredi, après deux premières épreuves la veille (le 100m haies mais surtout la hauteur) où elle avait rendu des points précieux.

"Championne olympique, championne du monde, championne d’Europe… C’est juste fou ! Si on m’avait dit ça il y a trois ans, je n’aurais jamais cru cela possible", explique-t-elle, parée dans son drapeau noir-jaune-rouge, et félicitée par les autres héros de la soirée, Kevin et Jonathan Borlée, médaillés eux aussi.

Face à la pugnace Katarina Johnson-Thompson, Nafi a ainsi dû batailler ferme. Et effectuer un bon saut en longueur (6,60 m, à 2 cm de son record), en matinée, insuffisant toutefois pour empêcher la Britannique (6,68 m) d’accroître son avance. L’écart maximal atteindra ainsi 113 points. Que notre compatriote transformera, en un mouvement de bras énergique, en un... avantage de 192 points ! C’est en effet grâce à un superbe troisième lancer au javelot (57,91 m, nouveau record des championnats dans un heptathlon !) que Nafi s’offrira un avantage décisif qu’elle allait encore devoir gérer lors du 800m final. Ce qu’elle fit, certes à bonne distance de KJT, mais dans des proportions suffisantes pour l’emporter (2:09.84 contre 2:19.35). Un débours de 14 secondes sur sa rivale lui aurait fait perdre l’or. Au final, elle remporte la victoire avec 6.816 points devant Johnson-Thompson (6.759) et l’Allemande Schäfer (6.602).

"Est-ce la plus belle victoire ? Il y a trois titres, trois histoires et à chaque fois une belle leçon", répond Nafi. "De l’expérience que j’ai emmagasinée à chaque fois. Je suis en tout cas contente de ne pas avoir douté de moi. Je pense que beaucoup l’ont certainement fait pendant ces deux jours. Mais jeudi soir, j’ai quitté le stade en me disant que j’étais capable de le faire. Que ce serait difficile mais, quoi qu’il se soit passé, médaille d’or, d’argent ou de bronze, podium ou non, je voulais quitter Berlin en me disant que j’avais tout donné. Donc voilà je suis super fière."

Une des clés de ce succès se trouve peut-être dans une certaine forme de décontraction que la championne olympique a réussi à trouver en marge de la compétition.

"La pression, je l’ai moins mal vécue qu’à Londres", reprend Nafi Thiam. "J’étais avec Cynthia (Bolingo) dans la chambre, au sein d’une grande délégation, c’était donc plus facile de penser à autre chose. Parce qu’une compétition, c’est long et on a le temps de penser, surtout quand ça ne va pas."(sourire)

Et quand on lui demande ce qu’elle attend à présent de la suite de sa carrière, l’athlète entraînée par Roger Lspagnard répond : "Il me reste à atteindre mes limites, ça a toujours été ma motivation. Essayer de repasser un jour les 7.000 points par exemple. Je ne pense pas aux médailles ! La seule façon d’aborder un championnat, c’est en essayant de devenir la meilleure possible au jour le jour, et c’est ce que je fais."

Un message exemplaire !

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