Athlétisme

Après la retraite d'Usain Bolt à la fin de la saison dernière, le sprint mondial se cherche un nouveau roi. Et si celui-ci s'appelait Ronnie Baker ? 

Pas très grand (1,78m pour 73 kg) mais taillé dans le granit, l'Américain de 24 ans, qui doit son évolution récente à sa « discipline », dit-il, est, en tout cas, l'homme le plus rapide de la saison sur 100m après son chrono de 9.87 réussi à Chorzow, en Pologne, le 22 août dernier, et il entend bien le rester.

« Pour moi, l'année 2018 n'était pas du tout une saison off comme pour d'autres athlètes non-Européens », explique cet ancien spécialiste du 400m, relativement jeune sur le 100m. « Je m'en suis servi pour travailler un tas d'aspects techniques et pour les bien les assimiler en vue de la saison prochaine. Il faut que ma gestuelle soit naturelle, automatique, et je n'aurai plus à me soucier de cet aspect-là l'an prochain. Je pourrai alors voir les choses en grand. En attendant, je veux conserver ma place de n°1 mondial, pourquoi pas en allant chercher un nouveau record personnel ce vendredi ? Je suis en forme ! »

À Bruxelles, une ville qu'il connaît bien pour avoir établi son camp de base européen non loin de la capitale, à Louvain (« J'y étais pendant la Coupe du Monde de football, c'était la folie ! » sourit-il), Ronnie Baker, lui-même natif de Louisville dans le Kentucky, découvrira la piste du stade Roi Baudouin où il ne s'est encore jamais produit. Il y sprintera sur les traces d'un certain Usain Bolt, un nom qui lui donne quelques frissons. 

© BELGA

« On m'a dit qu'il était grand et que c'était un gars sympa. Je rêverais de le rencontrer un jour personnellement », sourit l'élève de Darryl Anderson, un peu « frustré » de n'avoir jamais pu partager une course avec le Big Man. « Bolt est une légende du sport, il a accompli des choses inimaginables jusque là et j'ai un respect énorme pour sa carrière. Je sais que nous, les sprinters, nous sommes systématiquement comparés à lui mais je ne veux pas devenir le nouvel Usain Bolt, je veux juste devenir le meilleur Ronnie Baker possible. Ceci dit, c'est un beau challenge et je ne considère pas ses chronos comme imbattables. Les records sont faits pour être battus et, avant lui, personne n'imaginait un sprinter courir en 9.58 et 19.19. Je pense que Dieu a un plan pour moi et ce n'est pas que je reste bloqué à 9.87. Mais je dois respecter certaines étapes.»

Attiré par les lumières de l'épreuve-reine, Ronnie Baker, qui se complaît toutefois dans la catégorie des taiseux (« J'ai mis un peu mon égo de côté, cela m'aide à mieux travailler »), sait qu'il va devoir composer sur la scène mondiale avec une concurrence féroce, incarnée par ses compatriotes Christian Coleman et Noah Lyles, mais aussi par le Canadien Andre DeGrasse, les Britanniques Zharnel Hugues et Reece Prescod, ou encore le Sud-Africain Akani Simbine.

« La concurrence est tellement relevée qu'on n'est jamais sûr de remporter une course! Je n'ai d'ailleurs aucune signature gestuelle comme l'avait Usain Bolt », sourit Ronnie Baker. Qui, à l'allure où il progresse, va tout de même devoir y penser...