Omnisports Non-sélectionné pour le Mondial, le Hennuyer affrontera Teddy Riner s’il passe le Roumain Croitoru.

Il n’y a vraiment pas d’autre terme que "revanchard" pour qualifier l’état d’esprit de Benjamin Harmegnies à l’aube du Grand Prix de Zagreb, premier véritable rendez-vous post-Mondial avec près de 50 nations et 300 judokas en lice.

Battu au premier tour de l’Euro, fin avril, à Varsovie, le Hennuyer de 27 ans n’a pas été sélectionné pour Budapest. Une décision cruelle pour lui, d’autant qu’il avait rempli les critères fédéraux pour ce Mondial. "Aujourd’hui, j’ai tourné la page. Mais je n’ai rien oublié. Imaginez ma frustration d’avoir participé à tous les stages préparatoires (NdlR : Houlgate, Papendaal, Jodoigne) en sachant que je n’étais pas sélectionné pour le sommet de la saison. Ce fut très, très dur, d’autant qu’après l’ Euro de Varsovie, j’ai encore décroché une médaille d’argent, mi-juin, à Celje."

Un rendez-vous moins coté, mais qui eut le don de redonner confiance à certains, dont Toma Nikiforov et Benjamin Harmegnies. "La décision de ma non-sélection a été prise par le staff fédéral suite à une longue discussion où nous avons argumenté. Je comprends la position, mais il faut me comprendre aussi. J’ai 27 ans et le temps passe vite…"

D’autant que Benja a déjà perdu son statut de sportif d’élite à la Défense, ce qui l’a obligé à revoir son emploi du temps et, surtout, celui consacré au judo. "Il n’est pas évident de concilier l’armée, où je suis instructeur de close combat et de judo, mais aussi parfois appelé en mission, et le sport de haut niveau. Avec 38 heures/semaine, mon horaire est déjà bien rempli. Mais bon, c’est comme ça !"

Benjamin a désormais hâte de prouver sa valeur. Place aux actes ! D’abord, face au Roumain Croitoru et, s’il passe, contre… Teddy Riner ! "Exact ! Avec Zagreb, j’entame un nouveau cycle. J’espère pouvoir aussi m’aligner à Abou Dhabi et à La Haye. En revanche, il n’y aura pas de stage au Japon en fin d’année pour moi. J’espère que ce ne sera pas trop préjudiciable pour la saison prochaine qui sera décisive pour mon avenir à long terme car je pense, bien sûr, à Tokyo 2020."

Après avoir manqué les Jeux de Rio pour n’avoir pas réussi à figurer en ordre utile au fameux ranking mondial, Benjamin Harmegnies veut en être cette fois. Il mettra tout en œuvre pour y parvenir.

Cédric Taymans : "Des plans de carrière"

La sélection belge pour le Mondial, fin août, à Budapest, fut particulièrement délicate concernant quelques judokas. Benjamin Harmegnies et Anne-Sophie Jura avaient rempli les critères fédéraux, sans compter Myriam Blavier et Gabriella Willems, présentes aux Championnats d’Europe, fin avril, à Varsovie. Ces quatre-là auraient pu renforcer le nombre de… francophones ! Mais ce n’est pas la politique de la FFBJ.

"En matière de sélection, le staff fédéral base sa réflexion sur des plans de carrière" , explique Cédric Taymans. "Nous avons débriefé l’ Euro avec Benjamin et sommes arrivés à ce constat qu’il était préférable de passer ce Mondial pour revenir plus fort. Mais je me doute que ce ne fut pas facile pour lui de ne pas être sélectionné. En ce qui concerne Anne-So , nous avons joué la carte de la sécurité. Elle sort d’une grave blessure au genou et il n’était pas raisonnable de l’aligner, même si elle a décroché trois médailles depuis son retour. Pour Myriam et Gaby , une sélection mondiale était hors contexte dans la mesure où leurs objectifs 2017 se situaient lors de l’ Euro et du Mondial juniors. Nous ne voulons pas les brûler ! Et puis, les critères fédéraux ne sont pas une loi… Nous préférons avoir une vue à long terme avec Tokyo 2020 comme échéance. C’est, aussi, le cas pour une Lois Petit, certes encore plus jeune."

Une politique à la fois réfléchie et honnête, parfois incomprise de certains judokas et entraîneurs, mais qui porte visiblement bien ses fruits.