Borlée: “Leur mettre un peu de pression”

L. M. Publié le - Mis à jour le

Omnisports

Kevin et Jonathan Borlée affrontent les cadors du 400 m en guise de répétition générale pour les Jeux Olympiques

MONACO Rien, décidément, ne réussira à détourner Kevin et Jonathan Borlée de leur objectif olympique. Ni l’incessant ballet des yachts dans une Méditerranée ondulant devant les fenêtres de leur hôtel (“sans doute le plus beau dans lequel nous nous soyons rendus”), ni le défilé des voitures de sport (pourtant leur péché mignon !) au rond-point du Casino de Monte-Carlo, pas davantage que les devantures des boutiques de luxe.

La Principauté de Monaco avait beau déployer ses fastes, le programme des jumeaux, arrivés à 22h mercredi, se résumait, hier, au... Tour de France et à un shake-out (entraînement léger) en début de soirée. “On sort d’une grosse période de travail, la dernière séance très intense remontant à samedi passé, et on commence seulement à décélérer en vue des Jeux”, explique Kevin.

Ce vendredi soir, les frangins disputeront au stade Louis II leur dernière course préolympique, un 400 m extrêmement relevé en présence du champion olympique Lashawn Merritt, du champion du monde Kirani James, du champion d’Europe Pavel Maslak, du deuxième performeur 2012 Luquelin Santos, de l’ex-champion olympique Jeremy Wariner, et du Britannique Martyn Rooney. De quoi annoncer la couleur avant Londres, dans des conditions idéales...

“Notre objectif est de faire une bonne course tactique”, explique Jonathan. “C’est le plus important. Car, même si la dernière ligne droite n’est pas bonne et qu’on manque de fraicheur sur la fin, on sait qu’on va la récupérer un peu plus tard. Il faudra surtout être dans le rythme.”

Et Kevin de reprendre : “Il ne faut pas qu’on se compare aux autres, on ne connait pas leurs programmes d’entraînement, on ne sait pas quand ils sont arrivés en Europe. La situation de chacun est différente. Je ne pense pas, par exemple, que James ait fait de grosses séances entre Londres et Monaco. Lui, c’est seulement sa quatrième course, il va arriver assez frais. Quoi qu’il arrive, les ténors, comme LaShawn et lui, vont y aller à fond, ils voudront marquer les esprits avant les Jeux. Nous, on est là comme des outsiders qui vont essayer de leur mettre un peu de pression...”

Sur une piste qu’il a foulée en 2010 (6e en 45.46), peu de temps avant son sacre européen à Barcelone, et où il avait été décontenancé par les ordres du starter (“cette fois, je vais demander en quelle langue on les donne”), Kevin, nanti du troisième chrono mondial, est prêt à toute éventualité : “Si ça se passe un peu moins bien que ce qu’on espère, il ne faudra pas céder à la panique. Parce qu’on sait qu’avec le travail qu’on vient de faire depuis des mois, on sera prêt au moment voulu.”

Pour la première fois depuis le Mémorial Van Damme 2011, Kevin et Jonathan Borlée vont donc être adversaires... “C’est cool d’être ici tous les deux”, estime Jo. “C’est la première fois ensemble en Diamond League, si l’on excepte Bruxelles. Ça fait plaisir que les organisateurs nous acceptent ensemble, beaucoup ne l’auraient pas voulu.”

“Mais le but n’est pas de se battre l’un l’autre, c’est de battre les autres”, rappelle très justement Kevin. “Ce serait plus déstabilisant pour moi de rater ma course que d’être derrière Jonathan...”

© La Dernière Heure 2012

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