Omnisports Joachim Bottieau n’a pas réussi à prendre sa revanche face à son tombeur de Rio.

Couché sur le tatami de la salle d’échauffement, Joachim Bottieau a le regard fixé vers l’un des trois écrans de télévision qui retransmettent les combats. Le Hennuyer suit l’évolution de celui qui oppose, en -81 kg, l’Italien Marconcini au Hongrois Ungvari, lequel est soutenu par une foule en total délire.

Ce combat, Jo aurait aimé le disputer ! Mais voilà, au tour précédent (le 3e…), il n’a pas réussi à prendre sa revanche sur cet Italien, son tombeur aux Jeux de Rio. Une déception de plus pour lui, même s’il parvient, cette fois, à mieux la relativiser. "La coïncidence veut que l’an dernier, à Rio, je perds sur une pénalité, alors que j’ai attaqué pendant tout le combat, et qu’ici, je mène d’une pénalité au terme du temps réglementaire. Mais, entre-temps, le règlement a changé et je me retrouve à la prolongation. Je l’avais déjà constaté lors de mon retour, fin mai, à Ekaterinburg et, début juin, à Bucarest : quatre minutes de combat, c’est court !"

Au cours des mois qui ont suivi sa désillusion olympique, Joachim a douté, bien sûr, mais il n’a jamais pensé à arrêter. Au contraire, en partant au Japon, en Corée et, plus récemment, en Géorgie, il a cherché à améliorer son judo et, en particulier, face à des adversaires gauchers, comme l’Australien Kouros et l’Italien Marconcini, justement. "Prendre l’Australien avait toutes les allures d’un piège, mais je m’en suis sorti en passant en revue toute la gamme de mes mouvements sans, pour autant, réussir à marquer avant la prolongation. Je l’ai emporté, mais je n’étais ni sublimé ni inquiet. Ensuite, face à l’Italien, j’étais persuadé de pouvoir le battre. J’avais d’ailleurs mis une tactique au point pour y arriver. À Rio, j’avais constaté qu’il était très puissant du bras gauche. Et, ici, il a attaqué à droite ! J’en ai été perturbé, coincé, ne parvenant pas à placer mes attaques. En outre, il affichait une condition d’enfer. Ce Marconcini, je le connais depuis longtemps, depuis les juniors. En fait, on a le même âge. Mais, jamais, il n’avait affiché une telle puissance physique ! Quand je pense qu’il a été sorti au premier tour de l’ Euro , fin avril, à Varsovie, je me pose des questions."

En attendant, le malheureux Joachim était déjà rhabillé au moment où l’Italien se qualifiait pour les demi-finales de ce Mondial 2017 où il venait encore à bout de l’Iranien Mollaei avant de quand même trouver son maître en la personne de l’Allemand Wieczerzak.