Omnisports Caroline Druel et Laura Leemans veulent récolter des fonds pour acheter une prothèse de jambe à un jeune Congolais

Depuis six mois, Caroline Druel et Laura Leemans, deux jeunes femmes vivant à Bruxelles, s’entraînent de façon intensive pour préparer au mieux le projet un peu fou qu’elles se sont lancé. En juin 2018, ces deux nageuses en eau libre effectueront la traversée du détroit de Gibraltar à la nage, soit 18 à 22 km à la nage, en fonction du courant.

Avec un but : récolter des fonds pour financer l’achat d’une prothèse pour Christian, un Congolais de 29 ans amputé de la jambe droite au-dessus du genou à la suite d’une attaque de son village par les rebelles. "Je travaille pour Oxfam Belgique pour leurs projets au Congo, dans la région du Kivu. Je me suis rendue trois fois sur place pour des missions plus ou moins longues. Pendant ces missions, j’ai rencontré Christian ", débute Caroline Druel.

Très vite, elle a noué une relation particulière avec un jeune homme qui l’a touchée. "Au fil des semaines, il m’a raconté son histoire. Lorsqu’il avait 12-13 ans, son village a été attaqué par des rebelles. Les enfants du village devaient alors les aider à porter tout ce qu’ils pillaient. Un jour, son frère a été fusillé devant ses yeux parce qu’il n’avançait pas assez vite. Christian s’est alors échappé mais il a été blessé. Sa jambe s’est infectée et ils ont dû l’amputer. Son père a alors vendu tout ce qu’il possédait pour lui acheter une prothèse de fortune. Treize ans plus tard, il porte toujours la même prothèse, qui le fait atrocement souffrir. Mais il ne se plaint pas et ne demande rien."

Touchée par son histoire, Caroline s’est lancée pour objectif d’obtenir une nouvelle prothèse pour Christian. Mais face au coup très élevé (40.000 euros pour la prothèse et les séances de kiné en Europe), Caroline et son amie Laura ont besoin de fonds. Pour les aider à récolter cette somme, elles ont décidé de se lancer dans la traversée à la nage du détroit de Gibraltar. "On espère attirer l’attention d’entreprises et de particuliers prêts à nous sponsoriser dans cette traversée symbolique, une sorte de lien entre l’Europe et l’Afrique."