Omnisports Celui qui a dépoussiéré les structures tire un bilan on ne peut plus positif

TOURNAI Enumérer les différentes fonctions de cet homme au sein des structures du sport en Communauté française nous ferait largement déborder des limites de cet article. Pour faire bref, il commença sa carrière en 1981 comme directeur technique francophone puis secrétaire général de la ligue et de la fédération de boxe française où sa jeunesse et son professionnalisme firent tellement merveille que les escrimeurs - «je m'étais essayé à l'épée dans ma jeunesse» - se tournèrent vers lui au tournant des années 90 pour sauver ce qui pouvait l'être. «Quand je suis arrivé en 1993, j'ai directement été mis face à un défi. Les Championnats du Monde cadets et juniors allaient avoir lieu à Denver et il n'y avait pas le moindre franc pour envoyer un seul de nos jeunes talents là-bas. Or, ces gamins avaient pour nom Cédric Gohy ou Marc Pichon, pour ne citer qu'eux. Je suis allé trouver l'Adeps à laquelle j'ai demandé de renverser le système d'octroi de subsides. Ils acceptèrent et le budget fut trouvé. C'est aux Etats-Unis que j'ai fait la connaissance de Jean Colot.» Et ce fut le début d'une belle aventure qui vit la cité aux cinq clochers organiser ces mêmes Mondiaux juniors en 1996: «C'était la première fois que nous nous lancions dans l'organisation d'événement. Ce fut un réel succès, applaudi par la FIE elle-même. Il faut dire que j'ai pu compter sur une équipe extraordinaire composée notamment de Patrick Hitelet et Henri Jansen qui, depuis, ont fait leur preuve avec la Coupe du Monde épée dames organisée à Welkenraedt. Et puis, il y avait Jacques Debeur, un homme exceptionnel qui pensait avant tout au développement de son sport et non à son pays dans les cénacles de la FIE.» Une Fédération internationale dirigée par le Français René Roch, un homme remis en cause par les pays qui se disent gardiens des traditions, à commencer par la France: «Lorsqu'on est dirigeant, il faut parfois être provocateur. Et Roch l'est. Il a voulu internationaliser l'escrime et y est arrivé. Il sait qu'il doit demander cinq choses pour en obtenir trois.» Alexandre Walnier a dû souvent faire pareil pour imposer ses vues: «Je fonctionne avec des objectifs. En 1993, mon but c'était d'amener la jeune génération vers les sommets. Après Atlanta, en 1996, avec Colot, je les ai tous réunis en leur disant simplement: nous vous proposons un programme qui vous permettra peut-être d'aller à Sydney. Vous n'aurez rien à payer pendant cette olympiade et vous vous impliquez à fond mais il n'y a aucune garantie de réussite absolue et deux mois après les Jeux, vous serez oubliés. Nous respecterons votre choix. Cédric Gohy a accepté de tenter l'aventure. Marc Pichon et d'autres ont préféré privilégier leurs études. Après Sydney, les donnes avaient changé et ce coup-ci, les fleurettistes se lançaient dans la course pour Athènes.» Des Jeux Olympiques qui marqueront peut-être la fin de mandat d'un président qui vit le nombre d'affiliés francophones passer d'à peine 900 en 1993 à près de 2.000 en 2004. «Je ne suis pas candidat. Proposez-moi un objectif précis et accessible!»

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