Autres sports Le skipper français fait voler en éclats le record du tour du monde en solitaire.

François Gabart ou l’itinéraire d’un enfant surdoué. À 34 ans, le natif de Saint-Michel-d’Entraygues en Charente a réussi, dimanche, un prodigieux exploit à sa toute première tentative en pulvérisant le record du tour du monde en solitaire en 42 jours et 16 heures sur son maxi-trimaran Macif (30 m de long et 21 m de large, catégorie Ultim). Le brillant skipper a mis une raclée de plus de 6 jours au record établi par Thomas Coville le 25 décembre 2016. Coville, élu marin de l’année, avait laminé le précédent record de 8 jours. C’est dire la performance hallucinante de François Gabart.

Dans un environnement où l’on estime généralement qu’il faut avoir fait doublement ses preuves avant de pouvoir accéder au degré supérieur, la trajectoire de météorite de François Gabart interpellait déjà en 2013, à la veille de remporter le Vendée Globe. Les dirigeants de Macif, à l’époque, ne s’étaient pas trompés en lui confiant un Imoca flambant neuf pour défier l’Everest des Mers. Michel Desjoyeaux avait cerné tout le potentiel du jeune marin. Gabart ne le décevra pas et rendit légitime sa trajectoire de météore. Mais le prodige de la course au large, passionné de météo, est surtout un homme cartésien, lisant les cartes comme nul autre. Cet ingénieur en sciences appliquées a une capacité à traiter l’information hors du commun comme le sont Desjoyeaux ou Le Cléac’h. "Je suis passionné par la météo. On peut se tromper mais on peut aussi presque lire dans l’avenir, je trouve ça extraordinaire, pouvoir savoir ce qu’il va se passer. Il y a un côté poétique aussi, regarder un nuage, je trouve ça beau esthétiquement parlant."

Parti le 4 novembre, François Gabart a coupé la ligne virtuelle entre l’île d’Ouessant et le cap Lizard dimanche à 02h45. "Je viens de couper la ligne d’arrivée, c’est assez fou, c’est assez irréel, je suis un peu abasourdi. Je suis fier et heureux d’avoir fait ce joli voyage autour de la planète. Ça fait plus de 40 jours que je suis tout seul sur ce bateau et puis là en quelques secondes je me retrouve avec tout ce monde… Ça a été dur, j’ai été à la limite tout le temps. J’ai mal partout, ça fait des semaines que j’ai mal partout, que je ne dors pas, cette nuit je n’ai pas dormi, j’en peux plus quoi…", a-t-il dit les larmes aux yeux...